Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron L’étrange musicien

Vois, Chouette, ces falots qui dansent là-bas, accrochés au mât de misaine des navires... c’est Québec !
— Je suis bien contente, père Brimbalon, de revenir à Québec et à mon foyer ; mais, encore une fois, comment Flandrin va-t-il m’accueillir !
Elle se remit à pleurer.
— Je te l’ai dit, Chouette, ça me regarde tout ça. J’arrangerai la chose, car je ne fais jamais rien à moitié. Si je t’ai ramenée de Ville-Marie, je ferai le reste, sois-en sûre. On est mendiant, c’est vrai ; mais on n’est pas si pingre que nous en donne l’air la besace qu’on porte au dos.
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Portrait de Jean Féron Jean Féron L’étrange musicien

Dans le tourbillon de ces pensées, le collégien oubliait sa mère adoptive évanouie sur le plancher et le petit cadavre qui gisait sur le lit de sa mère.
Mais la Chouette vient de remuer, de soupirer, et sa voix faible traverse le funèbre silence qui règne là.
— Louison... Louison... que se passe-t-il ?
Le collégien, brusquement tiré de sa rêverie, retrouve le mouvement. Il s’élance. Il a oublié cette femme inconnue qu’il pense sa mère. Que lui importe ! N’a-t-il point là une autre mère... une mère bonne qui souffre et qui l’aime ?
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Portrait de Jean Féron Jean Féron L’étrange musicien

Le mendiant s’enfonça dans les buissons longeant le chemin. À l’instant même un cri de femme retentissait dans la nuit silencieuse : c’était la mère Babeux qui criait comme si quelqu’un l’eût égorgée. Puis un autre cri... mais plus déchirant ! Puis, un long appel au secours... Et tout cela était si réel, que Brimbalon en frémissait d’angoisse. Oui, mais personne n’avait l’air de bouger du côté de la cambuse.
Brimbalon, au guet dans les broussailles, s’impatientait.
— Les sacripants, que font-ils ? N’ont-ils pas de cœur ? Vont-ils laisser égorger cette pauvre vieille ?
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