Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron Les trois grenadiers

Bigot se retourna, surpris. À l’instant même, Mme Péan bondissait comme une panthère, se ruait contre la porte, s’y appuyait du dos, et l’œil en feu, la gorge palpitante, terrible, elle grondait :
— Vous ne sortirez pas !
— Ah ! ah ! sourit l’intendant en croisant les bras.
De chatte taquine et amoureuse Mme Péan s’était subitement transformée en hyène féroce.
— Vous ne sortirez pas, répéta-t-elle sur un ton résolu et farouche. Car vous êtes un menteur, et vous n’aurez pas la chance de courir après Mademoiselle Deladier ! Car vous êtes un traître... car vous êtes un lâche, François Bigot !
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Portrait de Jean Féron Jean Féron Les trois grenadiers

Ha ! Ha !... deux beaux grenadiers, en vérité, qui pourfendent bien plus de leur langue que de leur lame !
— Ah ! ça, messire Fossini, cria un soldat demi ivre, allez-vous insulter l’armée ?
— Ventre-de-diable ! jura Pertuluis, que lui importe à lui qui n’est pas français et qui n’est point grenadier ?
— Avec ça, biche-de-bois, fit Regaudin avec un sourire mordant, est-ce qu’on lui a vu le flingot au poing à la bataille du mois de septembre ?
— A-t-il fait étinceler aux yeux des Anglais la lame qu’il porte ? demanda un autre soldat.
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Le maître... c’était ce Flambard... un simple grenadier, bretteur, pourfendeur, batteur de fer quelconque ! Oui, mais il était quand même le maître et le seul maître ! Et Bigot le sentait si bien qu’il en était énormément mortifié et meurtri. La haine grondait en lui, mais une haine impuissante. Et il sentait la honte de la déchéance le couvrir en entier, et cette honte le troublait d’autant plus qu’il voyait rivés sur lui les yeux de tous les personnages présents et surtout les regards goguenards des deux autres grenadiers, Pertuluis et Regaudin.
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