Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron La prise de Montréal

Ah ! finis tous ces rêves si délicieux d’amour ! Ah ! tombée toute cette popularité qu’il avait désirée par amour pour sa Mirabelle ! Demain quand on ferait tomber ses fers, demain, lorsqu’on le remettrait en liberté, après que les Américains auraient pris la ville sans coup férir, oui, demain, le peuple, pour se venger, se jetterait sur lui, le huerait pour l’égorger ensuite comme un monstre pervers ! Il entendrait de tous côtés ce trait qu’on lui lancerait à la face : « Lâche ». Par toute la cité, il verrait affichée cette inscription affreuse : « Maurice D’Aubières est un traître ! »
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Peut-être me trouvez-vous dans une position « trop à l’aise » ?
Trop à l’aise, certes ! D’Aubières ne pouvait le nier. Il la trouvait même si à l’aise que déjà il reculait tant il lui répugnait de regarder une femme qui se dévoilait aussi effrontément. L’image de Mirabelle, de sa Mirabelle pure et chaste, lui fit lever le cœur sur cette courtisane... du moins c’est ainsi qu’il la jugea sur l’instant. Et il reculait encore, comme s’il eût voulu s’enfuir pour échapper peut-être à la séduction de cette sirène.
Lady Sylvia comprit aussitôt l’effet inattendu de sa petite mise en scène.
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Puis la voix de Lambruche roula dans l’espace comme des coups de canon :
— D’Aubières n’est pas un déserteur ni un traître ! Il est pour le peuple et avec le peuple ! Car il a du cœur ! Car il a du sang ! Les traîtres, qu’on les cherche ! Demain, D’Aubières battra les Américains ! Il manquait de fusils, il en a trouvés ! Il manquait de munitions, il en a cherchées ! Des gredins vous disaient : « D’Aubières vous a trahi » ! — Vous répétiez : « D’Aubières est un traître ! » — C’était faux ! D’Aubières vous cherchait des fusils...
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