Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron La taverne du diable

C’est assez, monsieur, je ne veux pas d’un tel homme. Et puis, vous le savez, j’aime et je suis aimée, que cela suffise !
— Vous êtes aimée ! ricana Rowley, je le sais que trop ! Vous aimez ?... ah ! oui, ce Lambert ! Mais il n’est pas à vous encore !
— Non ?... fit Cécile gouailleuse.
Le major frissonna longuement au souffle d’une passion véhémente qui tourbillonnait en son cœur et en son esprit. Une rage folle le chavirait. Il s’élança sur Cécile comme un dogue qui va mordre. La jeune fille tendit les mains pour le repousser. Rowley saisit ses deux mains qu’il serra avec force.
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L’endroit assigné comme rendez-vous à Lambert par Tracey Aikins n’était pas un lieu où se fût aventuré, à la nuit, l’homme le plus brave : c’était un vrai coupe-gorge. Et c’était le trou le plus noir de la basse-ville.
Ce soir-là, pas une étoile ne jetait sur la terre le moindre éclat, le firmament était couvert d’épais nuages, et la Ruelle-aux-Rats, surtout en cette partie où s’élevaient les barrières, présentait une obscurité si dense qu’un chat ne s’y fût hasardé qu’à tâtons. Toute la ville, d’ailleurs, était plongée dans une épaisse noirceur.
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Lymburner s’était penché à l’oreille de Aikins pour demander, la voix tremblante d’émoi :
— C’est Jean Lambert, ça ?...
— Oui... sourit John Aikins, un gaillard qui n’a pas froid à l’œil !
Plus bas et se penchant davantage, tandis que son regard s’illuminait de lueurs fauves, Lymburner répliqua :
— Mais on pourrait lui mettre froid au cœur !
— Pensez-vous ? fit John Aikins en frissonnant.
— S’il a entendu mes paroles, John, cet homme sera très dangereux... il est même très dangereux à l’heure qu’il est pour l’exécution à bonne fin de nos projets et pour nos propres existences !
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