Jules Vallès,
Les Réfractaires
(1866)
“ C’est ma nature à moi de plonger au cœur du danger, tout d’abord ; par lâcheté, peut-être, pour en finir d’un coup, mourir ou vaincre. J’entrai donc. Derrière la porte du fond entrebâillée, Rosita, armée d’une fourche, regardait ; devant les barreaux, Bêtinet, dont j’allais gagner la vie, tenait une barre de fer et attendait. Le lion ne bougea point, il leva vers moi ses yeux mélancoliques et se rendormit. La peur me prit en face de ce colosse qu’il fallait troubler ; et peut-être si Rosita n’eut point été là, si Bêtinet n’eût pas été son amant, je serais sorti pour ne pas y rentrer. ”
