Louis Mathurin Moreau-Christophe

Résumé

Louis Mathurin Moreau-Christophe De l'état actuel des prisons en France… (1837)

Comme on le voit, Sainte-Pélagie est, en politique, ce qu'est, en optique, une chambre obscure, ce qu'est, en acoustique, la voûte parabolique d'un écho. Tout ce qui se meut, tout ce qui se dit, au dehors, s'y reflète, s'y répercute intérieurement. Ce sont les mêmes couleurs, ce sont les mêmes cris ; avec cette différence toutefois, que le ton en est encore plus tranché, plus saillant au dedans qu'au dehors ; car, sur la voie publique, on n'oserait faire ce que l'on croit pouvoir se permettre en prison ; la voie publique est à tout le monde, on la respecte comme la chose d'autrui
Source : Gallica

Louis Mathurin Moreau-Christophe De l'état actuel des prisons en France… (1837)

Mais il est en moi une autre conviction non moins justifiée, non moins profonde, — et celle-ci du moins peut soulager un peu du poids de l'autre; — c'est qu'aujourd'hui, grâce à la publicité et aux formes protectrices des débats, soit que le drame judiciaire se dénoue devant un tribunal de simple police ou devant un tribunal correctionnel, ou dans l'enceinte d'une cour d'assises, s'il me paraît possible que plus d'un coupable échappe à la justice de la loi, il ne me le paraît pas qu'un innocent soit sacrifié à la vindicte de la justice.
Source : Gallica

Louis Mathurin Moreau-Christophe De l'état actuel des prisons en France… (1837)

C'est un mélange de toutes choses ; de l'air, un peu ; de l'espace, presque pas; des amis, quelques-uns; des importuns, à foison; c'est une prison qui tient du monde; c'est un monde qui n'est pas fait pour une prison ; c'est un directeur humain et qui a des formes aimiables; ce sont des gardiens qui ressemblent à des ouvreuses de loges ; ce n'est pas dur et c'est triste ; c'est une espèce de police civilisée; c'est quelque chose de perpétuellement faux. Sainte-Pélagie est insupportable.
Source : Gallica

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