Résumé

Portrait de Adolphe Guillot Adolphe Guillot Paris qui souffre. Les Prisons de Paris et les prisonniers (1890)

« La Conciergerie était, dit-il, la plus affreuse, la plus malsaine de toutes. Il faut savoir par soi-même ce que c'est que ces lieux infernaux pour imaginer combien un pauvre lit de camp, dans le coin d'une telle prison, est cependant une douce jouissance. J'ai couché, ou plutôt je me suis trouvé trois nuits avec une bande de voleurs dans un cachot infect; les uns juraient, les autres fumaient, ceux-là racontaient leurs prouesses; il fallait boire de l'eau-de-vie avec eux, leur payer ce qu'ils appelaient la bienvenue sous peine d'être maltraité et peut-être assommé. »
Source : Gallica

Portrait de Adolphe Guillot Adolphe Guillot Paris qui souffre. Les Prisons de Paris et les prisonniers (1890)

Parmi tous ces hommes, dit un détenu de Sainte-Pélagie, il en est beaucoup qui sont à tout jamais perdus ; il y a des bêtes féroces qui sont toujours altérées de sang, qui tuent pour satisfaire le moindre instinct; il en est de ceux-là comme des tigres et des panthères, il semble que cela leur fait plaisir de faire mal ; chaque crime commis par eux est un sujet d'admiration pour ceux qui les entendent ; il est regrettable que l'administration ne puisse pas les isoler non seulement des autres condamnés moins pervertis, mais même les isoler les uns des autres.
Source : Gallica

Portrait de Adolphe Guillot Adolphe Guillot Paris qui souffre. Les Prisons de Paris et les prisonniers (1890)

Je n'en demanderai pas autant pour les détenus, mais dans une cellule sans air, sans le plus petit horizon, on arrive à ne plus penser, à mener une vie absolument végétative, en même temps les chairs s'amollissent, l'anémie envahit l'organisme, le cerveau devient rebelle aux efforts de la pensée; je voudrais que, sauf pour les prévenus, il n'y eût pas une seule prison dans Paris; il faut dans les cellules, au lieu de ces petites ouvertures garnies de verres dépolis, des fenêtres laissant apercevoir un coin du ciel et entrer les rayons du soleil comme des messagers d'espérance et de consolation
Source : Gallica

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