Résumé

J M Gerbaud Physiologie des systèmes pénitentiaires (1844)

Le général Lafayette a toujours condamné avec force le châtiment de la solitude. «Cette peine, dit-il, ne corrige point le coupable. J'ai passé dans l'isolement plusieurs années à Olmutz, où j'étais détenu pour avoir fait une révolution, et dans ma prison je ne rêvais que révolutions nouvelles.» Cette séparation, qui place le détenu en présence de son crime, ne lui apprend donc pas toujours à le haïr; si son âme est blasée sur le mal, le remords dans l'isolement ne vient pas l'assaillir.
Source : Gallica

J M Gerbaud Physiologie des systèmes pénitentiaires (1844)

C'est ainsi que, dans la solitude morale, on doit exclure hardiment toutes ces causes affectives et affligeantes du système opposé : cet ennui spasmodique, cette lassitude intellectuelle, ce désespoir toujours voisin du fanatisme ou de la folie, ces affections opprimantes, ce chagrin mortel, toutes ces impressions de la noire tristesse, qui obscurcissent l'intelligence, le plus bel ornement de l'humanité. L'existence, dans ce système, est adoucie par la vue de ses semblables, par l'exercice en commun, par l'exécution d'un règlement.
Source : Gallica

J M Gerbaud Physiologie des systèmes pénitentiaires (1844)

Quand les passions menacent la société, elle a pour défense, dit un écrivain, les lois pénales ; mais l'emprisonnement, qui forme à cette époque presque toute la pénalité, n'a-t-il d'autre objet que de préserver la société par la séquestration de l'offenseur?
Il faut encore que, sans rigueur inutile, sans négligence cruelle, cette séparation l'intimide, qu'elle réveille dans son cœur le souvenir du bien, qu'elle le rappelle à la droite raison, qu'elle suscite le remords dans son âme; il faut que cette répulsion de la société le réforme à tout prix.
Source : Gallica

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