Résumé

Auguste Bonnet Hygiène physique et morale des prisons ou De l'influence que les systèmes pénitentiaires exercent sur le physique et le mroal des prisonniers… (1847)

Je ne me suis occupé jusqu'ici que de l'influence que l'isolement, tempéré par le travail, exerce sur le physique et le moral des détenus, parce que ce point constitue la difficulté la plus sérieuse de la question péuitentiaire. Il n'est personne assurément qui ne convienne que l'état actuel de nos prisons réclame une réforme ;
mais cette réforme doit être selon le vœu de l'humanité et de la morale. Or, le système qu'on nous propose tue l'esprit quand il ne tue pas le corps ; il faut qu'on le sache, qu'on s'en pénètre, qu'on en soit convaincu.
Source : Gallica

Auguste Bonnet Hygiène physique et morale des prisons ou De l'influence que les systèmes pénitentiaires exercent sur le physique et le mroal des prisonniers… (1847)

L'isolement, quoi qu'on en dise, est une peine plus dangereuse, et, partant, plus forte que celle des galères ; appliqué à la prévention et aux simples délits, il constitue une horrible aggravation de peine, un oubli patent des notions les plus vulgaires d'équité et de justice. Une nation aussi éclairée et aussi généreuse que la nôtre ne saurait vouloir ni souffrir qu'on y eût recours en pareil cas. Elle est d'ailleurs trop vive, trop gaie, trop ennemie du repos, pour s'accommoder d'un système qui a pour base le silence et l'inaction.
Source : Gallica

Auguste Bonnet Hygiène physique et morale des prisons ou De l'influence que les systèmes pénitentiaires exercent sur le physique et le mroal des prisonniers… (1847)

Dans un pénitencier on prend le mal à son début, et l'on sait positivement ce qui le détermine; dans la vie sociale, au contraire, son origine est généralement obscure, multiple, difficile à préciser, et l'on n'est pour l'ordinaire appelé à le combattre qu'au bout d'un temps plus ou moins long, c'est-à-dire quand le cerveau n'est plus susceptible de recouvrer son intégrité normale. Voilà, selon moi, ce qui fait que la folie produite par l'encellulement guérit plus vite, plus souvent que celle qui est due à une autre cause, et, si je ne me trompe, je ne serai pas le seul de cet avis.
Source : Gallica

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