Colonie pénitentiaire

Définition et enjeux

Portrait de Léon Blum Léon Blum Au théâtre : réflexions critiques (1906-1911)

La colonie pénitentiaire n'est qu'une chiourme infâme, où de malheureux enfants, hâves et fourbus, peinent sous la trique. La cruauté administrative du directeur s'accommode de la férocité sadique des gardiens. Qu'un inspecteur tombe à l'improviste, il n'apercevra rien de ce qui se passe à la colonie. De grands mots couvrent tout : philanthropie, régénération morale, amendement par le travail, et les malheureuses victimes, terrorisées par les coups et les menaces, n'oseront rien révéler des tortures qu'on leur inflige. Il advient pourtant que les gosses, las de souffrir, se rebellent.
Source : Gallica

Portrait de Gustave de Beaumont Gustave de Beaumont Du Système pénitentiaire aux États-Unis et de son application en France… (1833)

La première condition d'une colonie pénale est d'être séparée par une immense étendue de la métropole. Il est nécessaire que le détenu se sente jeté dans un autre monde ; qu'il soit obligé de se créer tout un nouvel avenir dans le lieu qu'il habite , et que l'espérance du retour apparaisse à ses yeux comme une chimère.
Source : Gallica

Maurice Pain Colonisation pénale : un problème colonial (1898)

Donner à un établissement pénitentiaire une place prépondérante dans une colonie, c'est l'inviter à considérer cette colonie comme son fief, à faire une concurrence déloyale et terrible aux immigrants libres, et à étendre son domaine dans des conditions nuisibles aux intérêts généraux de l'expansion. Les colons, voyant que les terres les plus faciles à cultiver, sont réservées aux travailleurs du bagne, sont découragés, et refusent de s'engager dans une voie où ils pressentent trop d'obstacles.
Source : Gallica

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