Résumé

Paul Cuche Traité de science et de législation pénitentiaires (1905)

Dans de pareilles conditions, nous n'admettons pas qu'il se crée, en travaillant, un droit quelconque à la rémunération de son travail : l'obligation du travail est un des éléments de la peine, et, en s'y soumettant, le détenu ne fait naître aucune créance à son profit contre l'Etat, pas plus que quand il se soumet au port du costume pénal ou à la prohibition du tabac. L'Etat confisquant, dans un but de répression, l'activité d'un criminel, n'est pas plus tenu de lui fournir une compensation que lorsqu'il dispose de sa personne et de sa liberté.
Source : Gallica

Paul Cuche Traité de science et de législation pénitentiaires (1905)

Il est certain que, si l'on se place uniquement au point de vue de la principale fonction utilitaire de la peine, qui est la fonction de prévention individuelle, le maintien de la courte peine d'emprisonnement semble difficile à justifier.
L'emprisonnement au-dessous de trois mois, comme il a été dit plus haut, ne comporte pas l'application sérieuse et efficace d'une discipline moralisatrice. Il ne peut avoir qu'un but : c'est d'effrayer, d'imposer une souffrance, une privation, afin d'intimider celui qui l'a subi, et de lui enlever l'envie de recommencer.
Source : Gallica

Paul Cuche Traité de science et de législation pénitentiaires (1905)

La peine réformatrice ne doit pas être au contraire conçue comme une médication passagère, mais comme un régime toujours quelque peu durable, et dont l'application suppose que l'on conserve le délinquant sous la main pour l'obliger à le suivre. Cela est si vrai que le développement, certainement excessif, qu'ont pris dans les systèmes pénitentiaires modernes les peines privatries de liberté, a coïncidé avec la prépondérance que le législateur, d'accord avec l'esprit public, a reconnu depuis plus d'un siècle à la fonction d'amendement sur les autres fonctions de la peine.
Source : Gallica

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