Albert Londres,
L’Homme qui s’évada
“ Elle flotte ! Elle avance vers la haute mer, butant parfois sur le fond, mais à intervalles espacés. Jean-Marie chante toujours. Et nous chantons tous. Le vieux Menœil plus fort que les cinq. Et la pirogue ne bute plus. Elle bondit. Elle s’éloigne des palétuviers. « Tu reverras, ta mère, Deverrer », crie le vieux. Il ajoute : « Et moi, mon épouse ! » Au Brésil ! clamons-nous tous. Au Brésil ! Soudain, nous entendons le bruit formidable de la barre qui écume devant nous. Tout le monde se tait. Menœil et Jean-Marie hissent la voile. La vague est grosse. Elle passe parfois au-dessus de nous. ”
