Pierre Sarrasin

Résumé

Pierre Sarrasin En voiture cellulaire (1878)

A peine Blanqui répondait-il aux questions d'usage. On le sentait préoccupé uniquement de savoir s'il était seul au greffe; s'il partait seul. Il refusait d'obéir, et ce ne fut que sur l'assurance positive du directeur qu'il ne serait
inquiété en rien, que sa présence dans la voiture serait ignorée, qu'il sembla retrouver son sang-froid et qu'il se laissa enfin emmener.
En quittant Barbès, Martin Bernard et leurs compagnons, on se sentait ému par un sentiment de tristesse et de sympathie; en quittant Blanqui, on respirait à l'aise, comme si l'on venait de faire route avec un mystère vivant.
Source : Gallica

Pierre Sarrasin En voiture cellulaire (1878)

Il faut peu de temps parfois pour juger certains hommes.
— Monsieur, me dit M. Guillot, vous n'êtes pas sans avoir entendu parler du système cellulaire.
— Certes; et je le trouve réellement sinistre.
Cette façon de mettre l'homme face à face avec lui-même est pleine d'épouvante.
— Peut-être aussi ne songez-vous pas qu'elle peut être remplie de réflexions qui se changent en enseignements, et devenir un moyen de moralisation! Quoi qu'il en soit, c'est moi qui l'ai inventé en inventant la voiture cellulaire.
Source : Gallica

Pierre Sarrasin En voiture cellulaire (1878)

Ceux, au contraire, qui, nés pour le crime et élevés dans le vice, affichaient un cynisme d'autant plus accentué qu'ils avaient une galerie, un public, qu'ils pouvaient poser, se draper dans leur infamie, comme Lacenaire dans ses oripeaux sanglants, ceux qu'on pourrait appeler, en quelque sorte, les cabotins du crime, maudissaient,'avides d'applaudissements et de regards, fussent-ils pleins d'horreur, l'invention de cette voiture qui, remplaçant la chaîne, les condamnant à vivre face à face avec euxmêmes, leur paraissait une aggravation de peine.
Source : Gallica

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