Paul Adam,
Les visages du Brésil
(1914)
“ C'est Bélem. Les clochers de ses églises sonnent. Tous les émigrants s'agrippent au bordage. Ils saluent la capitale du Para, le port du caoutchouc, de l'or noir, ouro prelo, amassé dans ce long quartier d'entrepôts grisâtres, colporté par les trains des quais, hissé par les grues monumentales jusque dans les mâtures jaunes des steamers, hauts édifices à la file contre les quais. Il y trime un peuple brun et ruisselant, mince dans ses pantalons étroits, dans ses maillots stricts, un peuple déchaux, presque silencieux, docile aux gestes do ses chefs en habits de pierrots élégants. ”
