un Officier de la flotte

Élements biographiques

un Officier de la flotte Revue des Deux Mondes

Chaque état s’efforça d’isoler son existence de celle des autres états, et de former une unité indépendante. C’est un fait que jamais les treize provinces ne constituèrent un tout compact, un corps de nation bien unie et soumise à une loi générale. On les vit seulement s’associer et s’allier partiellement deux à deux, trois à trois, sous l’empire d’un danger commun, absolument comme sont associés aujourd’hui Rosas, Echague et Lopez. La collection des traités et conventions des états en fait foi.
Cependant Buénos-Ayres rêvait d’autres destinées.
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Et c’est le sentiment de cette énergie, de cette force, qui rallie à lui tout ce qu’il y a de citoyens dévoués à leur pays, car lui seul peut encore rétablir l’ordre ; il n’y a d’espoir qu’en lui. Il réprouve la cruauté de ces démagogues forcenés qui déshonorent la cause du peuple ; mais, en ce moment où il n’a pas assez de toutes ses forces pour lutter contre la France et la coalition que les unitaires ont soulevée contre lui, il est souvent obligé de fermer les yeux : cette Société populaire est une bête féroce qu’il caresse parce qu’il ne peut encore l’étouffer.
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On ne parlait de Rosas qu’en accolant à son nom des épithètes atroces. On semait sur son compte des anecdotes qui faisaient frémir. Ce n’étaient qu’assassinats, cruautés inouïes ; on citait de prétendues lettres de Buénos-Ayres pleines de récits horribles sur ce qui s’y passait. On y a organisé le meurtre, disait-on ; ni le sexe, ni l’âge ne sont épargnés ; c’est parmi les Français surtout que le poignard des scélérats va choisir ses victimes. Traiter avec le monstre serait pour la France un déshonneur contre lequel tous les Français doivent protester.
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