Résumé

Portrait de Jean Galmot Jean Galmot Un Mort vivait parmi nous

Le fantôme me regardait et regardait Marthe, attentif.
Les yeux dilatés, la tête dressée, Marthe écoutait...
L’appel répété arrivait à nous à pas lents, comme un voleur qui entre, petit à petit et avec précaution, dans un endroit défendu.
Marthe observait anxieusement la direction d’où provenait le mystère et le tressaillement du bruit. On pouvait entendre le souffle précipité de sa gorge et le battement de son cœur.
Et le fantôme, se penchant de façon à suivre chacun des mouvements du visage, murmura :
— C’est l’appel... c’est le signal de l’homme qui t’attend...
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Marthe. La vie n’est pas le soleil, ni la lumière... la vie, c’est cette rose.
Marthe, réveillée en sursaut, se tenait assise sur son lit cherchant avidement, dans la pénombre plaire, l’image disparue. Elle avait compris qu’une ardeur émouvante brûlait l’être mystérieux et que, du fond de l’au-delà, venait jusqu’à elle la magnificence de l’Amour.
Elle ferma les yeux. Des voix chantaient...
Ainsi, l’Amour dépassait les limites de la pauvre vie humaine. Il résistait à la Mort. Peut-être l’Amour était-il tout...
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Marthe se blotissait plus fort entre mes bras lorsque passaient sur sa nuque les larges ondes de l’appel.
— Marthe...
Mais les voix des arbres, du lac et de la solitude, dispersaient les pauvres mots que j’essayais en vain.
— Elle est là, disaient les voix, pour toi seul. Elle s’est donnée à toi. Garde-là... Des mains d’hommes agonisants ont laissé sur les draps de son lit des taches de sang. Les âmes désespérées de ceux qui l’ont convoitée errent sur le camp et joignent leurs cris à l’appel qu’elle a entendu... Elle est là, dans la nuit, pour toi seul.
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