Résumé

Colonel Baratier Revue des Deux Mondes tome 21, 1914

Au fond du ravin, pas de trace de sentier se dirigeant vers la rivière ; cependant, elle est tout près, nous l’entendons gronder. Nous nous lançons à travers la brousse. A peine y sommes-nous engagés que nous rencontrons un fourré de ronces. Tant pis ; il faut passer. Nous nous débattons : à chaque pas, les épines laissent la trace de leurs griffes sur nos vareuses, nos casques arrachés restent suspendus aux branches. Les bras en avant, nous fonçons avec le courage du désespoir. J’ai pitié de Castellani, qui n’est pas habitué à de pareils exercices, j’essaye de lui frayer le chemin.
Source : Wikisource

Colonel Baratier Revue des Deux Mondes tome 21, 1914

Le long des bords, l’eau court avec un gazouillement assourdi ; les pagayeurs ne frappent plus l’eau dont ils caressent machinalement la surface de leurs pagaies à peu près inertes ; et devant moi, allongé sur des caisses, Moussa dort, la bouche ouverte, le visage tourné vers le ciel, indifférent au mystère de midi.
Un soupir me tire de ma rêverie. C’est Castellani qui ne partage pas ma béatitude ; il n’est pas heureux, il trouve les caisses dures, le soleil insoutenable. Il a bravement lutté depuis quinze jours, mais la fièvre commence à avoir raison de sa résistance.
Source : Wikisource

Colonel Baratier Revue des Deux Mondes tome 21, 1914

De grands arbres assez semblables à des chênes étendent leur ombrage au-dessus d’un sol couvert d’une herbe rase, parsemée de touffes d’ajoncs. Aujourd’hui le soleil brille ; au milieu de la poussière liquide que projette la chute à côté de nous, se dessine un arc-en-ciel, une de ses branches plonge dans la vague, on dirait le col recourbé d’un grand oiseau de toutes couleurs en train de se désaltérer. Au-delà, sur les crêtes des collines qui ondulent vers l’horizon, les rochers tracent un liséré bleuâtre.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature