Résumé

Charles d’Ursel Une visite à l’État indépendant du Congo

Le chenal où nous arrivons vers le milieu du jour est comme le goulet de cette immense nappe d’eau qui mesure cinq cents kilomètres carrés. C’est un des points périlleux de la navigation sur le fleuve, dont le courant entraîne avec violence les navires trop chargés sur des roches invisibles au milieu du tourbillon des eaux. Justement nous allions voir un bateau de l’Etat qui s’était échoué, ayant failli perdre tout son chargement de deux cents tonnes de caoutchouc.
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Charles d’Ursel Une visite à l’État indépendant du Congo

Pour l’indigène, le Mayumbé, c’est la grande forêt si profonde qu’on n’en atteint jamais les frontières.
Dans le cadre sauvage où elle se passait, sur l’éperon d’une haute montagne qui dominait à perte de vue l’étendue de la forêt, avec notre caravane accroupie en cercle, nos soldats sous les armes rappelant que ce pays, s’il est soumis, n’est pas encore assimilé, cette scène était captivante et d’ailleurs inoffensive. Il n’en est pas toujours ainsi avec les féticheurs, gens suspects qu’il faut surveiller de très près.
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Charles d’Ursel Une visite à l’État indépendant du Congo

Voici, me dit-on en me montrant un arbre déjà grand, aux fleurs odorantes, un piquet de tente oublié là par un des pionniers de la première heure, le commandant Liebrechts, et voici, en face, une colonne surmontée d’un génie ailé : c’est un monument commémoratif de l’inauguration du chemin de fer ; voici le commandement du district avec son poste de grand’garde, les magasins, les mess des officiers et des agens, le tribunal, l’habitation de l’évêque et des pères missionnaires, la maison du docteur et son laboratoire bactériologique ; c’est une vraie ville, mais c’est encore plus un camp.
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