Comte Henry de Castries

Résumé

Comte Henry de Castries Revue des Deux Mondes tome 148…

Ce serait une erreur de croire que le commerce de l’ivoire doive toujours conserver l’importance qu’il a aujourd’hui ; lorsqu’une voie de communication aura relié le Stanley-Pool à l’Océan, il ne donnera qu’un bénéfice accessoire, comparé à ceux réalisés sur les autres produits africains et principalement sur le caoutchouc. Le caoutchouc est peut-être la plus grande richesse du Congo ; il tend à supplanter l’ivoire et sera difficilement détrôné par les matières oléagineuses et même par le café et le cacao. On connaît les applications innombrables de ce produit dans l’industrie moderne.
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C’est que le Congo est le pays des mystères et des fictions : cet État Indépendant qui n’est pas belge, bien que la confusion se fasse continuellement à ce sujet, est doublé d’une affaire privée ; à côté du domaine public sur lequel on est déjà fort peu renseigné, il s’est constitué un Domaine Privé sur lequel plane le plus grand mystère, mais qui donne, à n’en pas douter, des revenus importans. L’annexion du Congo par la Belgique sera plus ou moins avantageuse, suivant que ce Domaine Privé, qui s’accroît chaque Jour, sera plus ou moins compris dans l’acte de cession.
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Et quelle puissance, quel luxe de végétation ! La terre est si généreuse, la nature si séduisante qu’on s’attache à toi en dépit des effluves mortels qui se dégagent de ton sol. »
Il faudrait aussi, dans quelque estampe suggestive, représenter le Congo, « la grande eau », ce fleuve de 40 kilomètres de large, tout parsemé d’îles boisées et que notre imagination a peine à concevoir. Brazza demeure anéanti par l’émotion lorsqu’il arrive la nuit pour la première fois sur ses bords.
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