Joseph Doucet

Élements biographiques

Joseph Doucet Les tentations d'un curé de campagne (1863)

Isabelle est là, et je suis tout entier à elle. Ah ! combien sa présence m'a rassuré ! Avant de conter mon court voyage, j'ai besoin de dire combien son aspect, ses manières et sa conversation ont dissipé tous mes doutes et rassuré ma conscience. C'est la veuve chrétienne selon le coeur de Dieu, et d'après la peinture qu'en font les Pères de l'Église. C'est la pureté qui se souvient sans se souiller, la douleur muette, empreinte d'une résignation sublime ; c'est la gravité de la femme, revenue des amours fugitifs de la terre, et qui a contracté mariage devant la mort.
Source : Gallica

Joseph Doucet Les tentations d'un curé de campagne (1863)

En rentrant chez moi, j'ai remercié Dieu de m'avoir abrité, par ma vocation, contre d'aussi brûlantes angoisses. Ceux qui en sont atteints y trouvent cependant un amer bonheur, préférable selon eux, à tout ce qu'on peut trouver de douceur et de joie dans la liberté de coeur la plus complète. L'amour est à la fois la loi de la vie, de la douleur et de la mort. L'amour de Dieu n'a-t-il pas aussi ses orages, ses souffrances, ses faux espoirs et ses craintes ? Au moins il ne connaît ni les remords, ni la satiété.
Source : Gallica

Joseph Doucet Les tentations d'un curé de campagne (1863)

Si M. de Kérazel avait été tel que je l'ai jugé d'abord : un coeur sec, un esprit dont la vanité est d'emprunt et cherche un piédestal dans les actes d'une générosité étudiée, j'aurais sérieusement craint de voir s'évanouir en fumée les promesses d'avant-hier soir; mais, comme me l'avait dit M. le marquis, c'est un noble coeur, un esprit ferme et délié, une nature désintéressée. Il nous a épargné à Raymond et à moi de ridicules coups de théâtre et des ménagements diplomatiques auxquels je me sentirais tout à fait impropre, s'ils ne répugnaient pas à mon caractère.
Source : Gallica

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