Louis Bourgaut

Résumé

Louis Bourgaut Nouvelles champenoises (1884)

Tu aimes de toute la force de ton âme... oh! ne t'en défends pas, je le vois à ta douleur. C'est donc moi qui ferai taire mon cœur...
— Non, fit Juliette en pressant plus étroitement sa sœur, non, moi je ne suis pas aimée, tandis que tu as toutes ses pensées, ainsi que j'en ai eu tout à l'heure la preuve. Mon nom lui est inconnu, le tien seul glisse sur ses lèvres. N'est-ce pas à moi à te céder la place... et à oublier... comme je pourrai ?
- Je ne puis accepter ce sacrifice de ta part, sachant que tu souffres, ma sœur chérie. Je mourrais plutôt que d'être pour toi la cause du
moindre mal.
Source : Gallica

Louis Bourgaut Nouvelles champenoises (1884)

N'allons pas plus loin, fit-elle. Ne dirait- on pas que la nature ait conscience de ce qui nous arrive et prenne exprès pour nous un air solennel ?
En disant ces mots, elle leva vers son amant ses deux beaux yeux noirs et limpides. René prit chacune de ses mains dans les siennes et l'attira doucement à lui. Un rayon de lune vint blanchir dans une caresse le gracieux profil de Jeanne dont il semblait s'exhaler un parfum céleste.
Le jeune homme avait mis une main sur le cœur de son amie. Il en devina les battements violents et précipités. Sa lèvre effleura le front innocent de la jeune fille.
Source : Gallica

Louis Bourgaut Nouvelles champenoises (1884)

La conversation allait bon train. Benoît, dont les cors endormis n'influaient plus sur son humeur, était d'une gaieté rare et Nestor, le cœur inondé de joie et d'espérance, semblait planer entre ciel et terre. Puis, ayant fait venir une bouteille cachetée :
— Je bois, dit-il en trinquant avec force, je bois à la blonde jeune fille dont l'âme est aussi pure que le son argentin rendu parle cristal ; je bois à mon bonheur futur dont je vois le symbole dans la couleur de ce bon vin qui pétille et réchauffe le cœur !
— Egoïste ! s'exclama son ami. Moi je bois à l'humanité souffrante
Source : Gallica

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