Louis Bourgaut, Nouvelles champenoises (1884)
“ Tu aimes de toute la force de ton âme... oh! ne t'en défends pas, je le vois à ta douleur. C'est donc moi qui ferai taire mon cœur... — Non, fit Juliette en pressant plus étroitement sa sœur, non, moi je ne suis pas aimée, tandis que tu as toutes ses pensées, ainsi que j'en ai eu tout à l'heure la preuve. Mon nom lui est inconnu, le tien seul glisse sur ses lèvres. N'est-ce pas à moi à te céder la place... et à oublier... comme je pourrai ? - Je ne puis accepter ce sacrifice de ta part, sachant que tu souffres, ma sœur chérie. Je mourrais plutôt que d'être pour toi la cause du moindre mal. ”
