Résumé

Victor Llona  La Nouvelle Revue Française

En effet, comme je gardais le silence et suivais d’un air gêné les ricochets des rayons lunaires sur la crête des vagues, Zambinelli finit par relever la tête. Il s’essuya les yeux avec ses manchettes, défripa son jabot, admira inconsciemment le clair de lune, puis, d’une voix où tremblait encore l’accent de la douleur, il dit :
— J’implore humblement le pardon de Votre Altesse pour m’être laissé aller à cet accès de sensibilité. Cela m’a empêché de continuer le récit de mes infortunes et d’en amuser Votre Seigneurie. Qu’elle m’en absolve. Mon cœur se fond chaque fois que je pense à Giula.
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Victor Llona  La Nouvelle Revue Française

Il n'est point de plus fastueux monument que celui qui chaque jour s'élève autour de nous. Il n'est pas un pêcher en fleurs ou en fruits qui ne contribue à la sépulture d'un poète ; pas un moineau ; pas une fourmi.
Il suffit que ce tulipier se dore dans le jardin du chantre d'Elva ; que les chèvres s'allongent à l'ombre de la muraille auprès des acacias ; que la fontaine coule : et c'est le vrai tombeau.
�� � Certes je sais que ceux-là qui comme Valéry Larbaud, André Gide et Guillaumin se dévouent à la mémoire d’un Charles-Louis Philippe n’obéissent qu’à de nobles sentiments.
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Victor Llona  La Nouvelle Revue Française

Comme une danse grave, réglée, implacable et sourdement meurtrière, que danseraient, entourés du plus solennel des silences, mille hommes animés d'une passion unique. Jamais ballet n'a su atteindre à la beauté virile de l'école de régiment.
La police a le désordre de la foule, elle n'a pas sa grandeur ; elle se moule à sa surface et cogne. Le peuple la hait. La cavalerie porte le désarroi en elle ; les sabots font peur, et ces grands diables allongés de lattes vous regardent de bien haut. Mais qu'un cheval s'abatte ou se cabre, c'en est fait du prestige.
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