Résumé

L. Vitet De l’état actuel du christianisme en France

Cette foi nouvelle qu’on attend, qu’on espère, qu’on appelle à grands cris, elle est là, nous la possédons ; c’est le christianisme lui-même, toujours neuf, si nous savons comprendre ses éternelles clartés, si nous savons nous-mêmes être nouveaux. Ce n’est pas l’objet de la croyance qu’il faut renouveler, c’est la routine des croyans. Le christianisme au fond est aussi jeune qu’à son premier jour ; il n’a de vieux que ce qui n’est pas lui, cette rouille terrestre dont peu à peu l’ont revêtu ses interprètes, ses ministres, ses serviteurs de tous les temps.
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L. Vitet De l’état actuel du christianisme en France

Qu’est-ce donc que le christianisme, et quel sort lui réservez-vous ? N’en faites-vous qu’une étroite doctrine, privilège de quelques élus, consolation tardive et solitaire de ceux que sépare du monde ou la vieillesse ou la douleur ? Si vous ne lui demandez pas autre chose, s’il vous suffit de le faire vivre tout juste assez pour ne pas mourir, comme une de ces ruines que l’archéologie protège et qu’on tient hors d’usage tout en les respectant, alors séparez-le des générations qui s’élèvent, de cette démocratie qui s’avance à pleins bords
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L. Vitet De l’état actuel du christianisme en France

On ne peut donc se le dissimuler, si depuis le commencement du siècle le christianisme a fait en France de grands et de réels progrès, s’il lui est ne de vaillans serviteurs ; d’illustres champions, s’il a recouvré peu à peu une partie de son domaine, s’il a même à certains égards étendu ses conquêtes, il est un succès qui lui manque, une victoire qu’il n’a pas remportée : l’œuvre commencée en 1830 reste toujours inachevée, la question n’a pas fait un pas ; la bonne entente, l’harmonie, ne sont pas établies, la paix n’est pas signée entre la foi chrétienne et l’esprit de notre temps.
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