Ch. de Rémusat

Résumé

Ch. de Rémusat Revue des Deux Mondes

Si l’on est décidé à priori à n’en conserver comme certain que ce que la raison pourrait par elle-même en connaître ou en démontrer, pourquoi faire un si grand détour, et chercher dans le christianisme ce qu’on pourrait trouver directement dans la raison ? Sous le voile de la révélation, ce n’est plus alors que la théologie naturelle qu’il reste à découvrir. Sur Dieu, sur sa puissance, sur sa justice, sur l’utilité de la prière, sur la rétribution et la vie future, il ne paraît pas qu’on nous apprenne rien que la philosophie ne pût nous apprendre.
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Ch. de Rémusat Revue des Deux Mondes

Comment fera-t-elle pour ne pas l’être, à moins qu’elle n’obtienne la paix par le silence, ou parle le langage d’un christianisme tellement vague qu’il ne soit plus que la religion naturelle en style biblique ? Atténuer le dogme, c’est affaiblir la foi. Dans un pays où la liberté religieuse existe, n’est-ce pas le droit de prêcher, de professer, de propager sa croyance, la liberté de prophétiser, comme l’appelait Jeremy Taylor, qui est la source et la preuve de la sincérité et de la ferveur chrétienne ?
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Ce n’est pas que la religion, ainsi considérée, échappe à la destinée de toute doctrine dans laquelle la subjectivité tend à régner trop exclusivement. On sait qu’en philosophie, si l’on se borne à représenter toutes nos connaissances uniquement comme des actes ou des états intérieurs de l’esprit, on perd de vue l’importance de leur objet, et la réalité des choses disparaît. De même la religion, ramenée en quelque sorte à la disposition religieuse, peut perdre de sa vérité absolue et passer pour une pure illusion du sujet pensant.
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