Résumé

Portrait de Charles de Rémusat Charles de Rémusat Des Controverses religieuses en Angleterre et particulièrement de l’Unitairianisme…

Qu’est-ce que l’église? C’est essentiellement la communion des fidèles. Ce serait donc en cette vie tout ce qu’il y a de christianisme catholique sur la terre. Ce n’est pas cependant au suffrage universel que les théologiens décernent l’infaillibilité. L’autorité infaillible, ce n’est pas la société chrétienne; c’est tout au plus la société chrétienne représentée par le corps ecclésiastique. J’en dis trop encore, c’est la réunion seulement de ceux des pasteurs qui, de droit ou de fait, peuvent s’assembler en conciles, ou même c’est le chef de l’église, le premier des pasteurs, le pape.
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En Angleterre, les esprits sont hardis, mais sensés; en matière de réforme, on n’y fait que le nécessaire; on ose entreprendre, on sait s’arrêter. Quand on secoua le joug de Rome, deux influences déterminèrent le mouvement : l’une purement politique et qui ne s’attaquait point au dogme de la Trinité, l’autre véritablement religieuse, que ne dirigeait point un esprit d’infidélité, qui voulait croire, mais croire librement, — et quelle que soit la diversité de croyance qui prit aussitôt naissance au fond des âmes, rien ne parut au dehors qui ressemblât à la négation du rédempteur divin.
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On se trompera, je pense, et ces croyances tout individuelles, enfantées par la libre réflexion, appartiennent à la religion, comme les divers systèmes philosophiques appartiennent à la philosophie. On aurait tort de confondre ces théories diversement chrétiennes avec les produits du rationalisme exclusif, de la critique anti-religieuse, enfin du mouvement d’incrédulité qui traversa tout ce siècle. L’hérésie, c’est-à-dire le choix dans la foi, n’est pas la négation de la foi.
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