Résumé

Portrait de Albert de Broglie Albert de Broglie Le Christianisme et la Société française à propos du livre de M. Guizot

C’est à cette ignorance hautaine, qui, comme beaucoup de souverains déchus, veut régner encore après avoir abdiqué, que M. Guizot oppose ce qu’il appelle, par une expression très heureuse, l’ignorance chrétienne. C’est l’état d’une âme pleine d’un respect plus sincère et d’un amour plus ardent pour la vérité qui consent à la recevoir d’autrui, quand elle n’a pu la découvrir par elle-même, qui appelle d’abord la philosophie pour compléter et couronner la science, puis, si la philosophie à son tour hésite et s’embarrasse, invoque la foi sans rougir pour subvenir à ces défaillances.
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Portrait de Albert de Broglie Albert de Broglie Le Christianisme et la Société française à propos du livre de M. Guizot

Si la science et la liberté, ces deux biens dont l’un est l’honneur, l’autre la passion souvent malheureuse de notre société moderne, n’ont rien de nécessairement hostile à la religion, — si cette société n’a pas plus qu’aucune de ses devancières trouvé le moyen de se passer soit de la morale elle-même, soit de l’appui que la religion prête à la morale, il n’y a vraiment aucune raison d’affirmer, comme on le fait avec arrogance, que les jours de la foi sont passés, et que les générations qui nous accompagnent et nous suivront, dans la vie peuvent ou doivent s’en affranchir.
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Cette vie future destinée au triomphe de la justice absolue, la morale à elle seule n’a nul élément pour la connaître, la philosophie n’en a que la vague notion ; la foi seule, qui en a reçu la confidence, en donne la certitude : de telle sorte que l’intervention de la religion reparaît ici comme nécessaire non-seulement pour compléter cette foi ou pour couronner telle ou telle partie de l’édifice, mais pour en asseoir le fondement, et afin que la notion même sur laquelle la morale repose ne demeure pas éternellement, pour le scandale de la conscience, imparfaite, boiteuse, mutilée.
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