Résumé

Paul Staffer Revue des Deux Mondes

« Il se rendait bien compte, écrit M. Strowski, que même si son livre produisait une conviction irrésistible, cette conviction ne serait pas vraiment la foi ; la grâce est nécessaire pour la foi ; la démonstration, ce n’est pas l’âme de la foi, ce n’en est que l’instrument. » — « Plût à Dieu, s’écrie encore Pascal, que nous n’eussions jamais besoin de la raison !... Ceux à qui Dieu a donné la religion par sentiment du cœur, sont bienheureux... Sans cela, la foi n’est qu’humaine et inutile pour le salut. »
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Oui, assurément, les deux doctrines et les deux pratiques seraient équivalentes... jusqu’à un certain point, si stoïcisme et christianisme n’étaient pas justement le contraire l’un de l’autre. Le stoïcien prend en lui-même son point d’appui pour s’élever à Dieu : ce qui est, aux yeux du chrétien, le comble de l’orgueil, une « superbe diabolique, » comme s’exprime Pascal ; car l’abîme est infranchissable par nos seules forces entre notre devoir et notre pouvoir. Le stoïcien croit, en outre, que la morale, loin d’être fondée par la religion, lui est antérieure et supérieure.
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Le Dieu du cœur, « le Dieu des chrétiens, » n’est pas l’idée abstraite du cartésianisme, ni le Dieu de la philosophie païenne, de la religion naturelle, simplement créateur du monde et providence du genre humain : « c’est un Dieu d’amour et de consolation, c’est un Dieu qui remplit l’âme et le cœur de ceux qu’il possède, c’est un Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur misère et sa miséricorde infinie ; qui s’unit au fond de leur âme ; qui la remplit d’humilité, de joie, de confiance, ’d’amour ; qui les rend incapables d’autre fin que de lui-même. »
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