Résumé

F. Ravaisson Revue des Deux Mondes

Nul, au contraire, n’en a mieux connu la nature et estimé plus haut la puissance. Seulement, et par là il n’a fait que s’avancer plus loin dans la voie qu’avaient tracée les plus grands des penseurs qui l’avaient précédé, il a cru que l’intelligence, séparée de la volonté, s’égarait dans le vide; il a cru qu’à la volonté, inséparable d’ailleurs et à peine discernable de la parfaite raison, à la volonté, au contraire, il était donné d’atteindre la réalité suprême à laquelle toute autre réalité est suspendue; il en a vu le foyer dans le cœur, cherché le premier principe dans l’amour.
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F. Ravaisson Revue des Deux Mondes

Le moi s’opposant en nous à Dieu, c’est nous seuls, dit Pascal au nom de l’Évangile, que nous devons haïr, et Dieu seul que nous devons aimer. Remarquons, avant d’aller plus loin, que Pascal, avec son ordinaire ardeur, force ici le sens de l’Evangile pour le rétrécir.
L’Évangile, en recommandant de se craindre et de se haïr, n’enseigne pas à n’aimer que Dieu seul. D’accord avec la Bible, il unit, dans l’amour qui doit remplacer l’égoïsme, les hommes avec Dieu, ces âmes qui nous entourent étant comme des dieux visibles où se révèle à nous l’invisible.
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F. Ravaisson Revue des Deux Mondes

La pensée, la volonté, ne redoutent pas l’infini. Là seulement elles peuvent déployer tout leur vol, et dans une immensité que remplit la parole divine, il n’y a ni vide ni silence qui puissent les effrayer. L’imagination est sujette à l’appréhension et à l’éblouissement : plus la pensée s’élève, moins elle connaît le vertige. L’indéfini nous épouvante, l’infini nous rassure. Et c’était bien en réalité la manière devoir de Pascal, comme ce fut celle de Descartes et de Leibniz.
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