Résumé

Portrait de Guizot Guizot La Science et le Surnaturel, méditations sur le christianisme

Mais il faut que, sans abdiquer, il se connaisse ; il faut qu’il sache que sa force est ici-bas infiniment moindre que son ambition, et qu’il ne lui est pas donné de connaître scientifiquement ce monde de l’infini et de l’idéal vers lequel il s’élance. Les faits et les problèmes qu’il rencontre là sont tels que les méthodes et les lois qui dirigent l’esprit humain dans l’étude du monde fini ne s’y appliquent point. L’infini est pour nous objet de croyance, non de science, également impossible à rejeter et à pénétrer.
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Quel que semble le vent du jour, c’est une rude entreprise que l’abolition du surnaturel, car la croyance au surnaturel est un fait naturel, primitif, universel, permanent dans la vie et l’histoire du genre humain. On peut interroger le genre humain en tous temps, en tous lieux, dans tous les états de la société, à tous les degrés de la civilisation ; on le trouvera toujours et partout croyant spontanément à des faits, à des causes en dehors de ce monde sensible, de cette mécanique vivante qu’on appelle la nature.
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Un sage et honnête instinct les a retenus sur la pente où ils s’étaient placés ; ils ont pressenti que nier la possibilité même du surnaturel, c’était entrer à pleines voiles dans le panthéisme et le fatalisme, c’est-à-dire abolir Dieu et la liberté de l’homme. Leur sens moral et leur bon sens le leur ont interdit. L’erreur fondamentale des adversaires du surnaturel, c’est de le combattre au nom de la science humaine et en le rangeant parmi les faits de son domaine. Le surnaturel n’appartient pas à ce domaine, et c’est pour avoir voulu l’y comprendre qu’on a été conduit à le nier.
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