Anonyme, L’Art priapique, parodie des deux premiers chants de l’art poétique
“ L’esprit rassasié le rejette à l’instant. Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire. Souvent la peur d’un mal nous conduit dans un pire : Un vers était trop faible, et vous le rendez dur ; J’évite d’être long, et je deviens obscur. L’un n’est point trop fardé, mais sa muse est trop nue ; L’autre a peur de ramper : il se perd dans la nue. Voulez-vous du public mériter les amours ? Sans cesse en écrivant variez vos discours. Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu’il nous endorme. ”
