Résumé

Anonyme L’Art priapique, parodie des deux premiers chants de l’art poétique

L’esprit rassasié le rejette à l’instant.
Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.
Souvent la peur d’un mal nous conduit dans un pire :
Un vers était trop faible, et vous le rendez dur ;
J’évite d’être long, et je deviens obscur.
L’un n’est point trop fardé, mais sa muse est trop nue ;
L’autre a peur de ramper : il se perd dans la nue.
Voulez-vous du public mériter les amours ?
Sans cesse en écrivant variez vos discours.
Un style trop égal et toujours uniforme
En vain brille à nos yeux, il faut qu’il nous endorme.
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Anonyme L’Art priapique, parodie des deux premiers chants de l’art poétique

Ce n’est pas quelquefois qu’une muse un peu fine
Sur un mot en passant ne joue et ne badine,
Et d’un sens détourné n’abuse avec succès,
Mais fuyez sur ce point un ridicule excès,
Et n’allez pas toujours, d’une pointe frivole,
Aiguiser par la queue une épigramme folle.
Tout poëme est brillant de sa propre beauté.
Le rondeau, né gaulois, a la naïveté.
La ballade, asservie à ses vieilles maximes,
Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes.
Le madrigal, plus simple et plus noble en son tour,
Respire la douceur, la tendresse et l’amour.
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Anonyme L’Art priapique, parodie des deux premiers chants de l’art poétique

Et laissons la crapule aux ribauds du Pont-Neuf.
Mais en voulant toujours du fringant et du neuf,
Vos pines à baiser se montrant trop rétives,
Dans vos chausses longtems peuvent rester oisives.
Sachez que la nature est plus belle que l’art,
Qu’un teint frais est plus beau qu’un teint chargé de fard,
Et que dans l’art heureux et d’aimer et de plaire,
Une reine souvent vaut moins qu’une bergère.
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