“ Mais voilà que des cris joyeux se font entendre dans les avenues silencieuses de Boufàrik ! le bruit se rapproche : on distingue des pas de chevaux ; des voix bien connues nous appellent par nos noms ; on se répond, on se reconnaît, on se compte, on s'embrasse avec effusion : c'était M. Massot, ramené par les quatre envoyés de l'évêque. ”
Citations sur “Massot”
Émile Zola,
Oeuvres complètes illustrées de Émile Zola…
(1906)
“ Et il a continué, et il continue dans la Voix du Peuple, qu'il a lancée, au moment du Panama, à coups de délations et de scandales, et qui est aujourd'hui la bouche d'égout vomissant les ordures contemporaines, en inventant dès que le flot se tarit, pour l'unique besoin des grands tapages dont vivent son orgueil et sa caisse. Il ne se fâchait pas, le petit Massot, et il s'était remis à rire, ayant au fond, sous sa cruauté insouciante, du respect pour Sanier. — Oh! un bandit, mais tout de même un homme fort! Vous ne vous imaginez pas la vanité débordante du personnage. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Quel compte tenaient de ces condamnations souvent fictives ces seigneurs turbulents et insoumis ? On ne sait. Mais les événements nous renseignent; car c'est à ce moment que va se produire la fameuse insurrection des paysans de Massat contre leur seigneur qu'ils chassèrent du pays, lui et ses gens, pillant et incendiant son château et ses fermes. Nous avons connaissance de ces actes de violence par la transaction de 1646 passée entre les habitants de Massat et Jean-Pierre-Gaston de Foix à qui son père avait fait le délaissement de la terre et vicomté de Massat. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Les cantiques composés en cette circonstance par le curé du lieu, Galy-Roquefort, pour implorer le ciel et conjurer le fléau, reflètent l'épouvante de la population. Depuis lors, tous les ans, à l'occasion de la fête de Saint-Pierre, patron de la paroisse, les cinq paroisses de la vallée réunies pour commémorer ce douloureux souvenir, dé- roulent dans les rues de Massat leur pieuse pro- cession au chant de ces vieux cantiques. Le soir un grand feu bénit s'allume sur la place, perpétuant la coutume antique, pratiquée en temps d'épidémie, pour purifier l'atmosphère. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Le préfet de l'Ariège fit dissoudre les réunions puristes de Massat. Les Péchets endoctrinés n'en continuèrent pas moins leurs pratiques religieuses sous la direction de Pierre Loubet de Paule qui mourut en 1847 à l'âge de 80 ans, la transmettant à son fils Joseph Loubet. Et, comme dans les anciennes cités romaines où le sacerdoce était héréditaire, à la mort de Joseph Loubet en 1879, la secte, déjà fortement réduite, reconnut pour chef son fils, Sabin Loubet, qui, âgé aujourd'hui de 92 ans, qu'il promène allègrement, reste le seul survivant des Péchets de Massat. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ L'analogie de son industrie et de son art, l'identité de la matière employée pour la confection des armes et des outils, font du troglodyte de Massat le contemporain des peuplades qui vivaient alors sur les bords de la Vézère : à la Madeleine, aux Eyzies, à Cro Magnon. Il était certainement de cette race d'hommes que M. de Quatrefages, le savant anthropologiste, a décrits comme de haute stature, de force prodigieuse et d'intelligence développée. L'absence de tout squelette humain ne permet point une certitude. Le Ker nous livrera peut-être un jour ce secret. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Il y a des troupes dans le lieu de Massat... tous les habitants ont déserté et se sont retirés dans les lieux inaccessibles des montagnes et chez leurs voisins. Comme ils ont peur et portent assurément bien la peine de leurs crimes, l'on en a pris quelques-uns que l'on joindra à ceux de la Capelle Marival (chef-lieu de canton du Lot où avaient eu lieu des troubles) pour en faire une chaîne pour les galères. L'on y laissera des troupes jusques à ce qu'ils se portent à quelques accomodements pour leur taille et qu'on les voye dans une parfaite soumission. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ « Mon fils ! tout ce peuple, tout ce pays est à vous ! » Extravagantes paroles que les évènements passés auraient démenties, que les évènements futurs devaient démentir encore. Car les habitants de Massat avaient malaisément supporté le joug intolérable, les vexations, les exigences séculaires de leurs seigneurs, les comtes de Foix-Rabat, père, oncle et grand-père de la Comtesse pour les tenir en estime et affection. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Il avait été longtemps la capitale administrative du Couserans ; Saint-Lizier, avec son évêché, étant la capitale religieuse. « A l'exception, dit Duclos, de Saint-Lizier la ville aristocratique où la noblesse du pays s'était groupée tout entière autour des évêques, les trois villes de Saint Girons, de Massat et de Castillon avaient beaucoup de bourgeoisie. » A Massat, cette riche bourgeoisie détenait, au XVIIIe siècle, concurremment avec le seigneur, la plupart des belles propriétés des alentours de la ville que des fermiers cultivaient. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ DE FOIX SABRAN. A la date du 9 novembre 1765, l'intendant Saint-Martin écrivait entr'autres choses à M. Espaignac, alors premier consul de Massat : « J'ai enfin obtenu de M. le comte de Sabran qu'il n'aille pas à Massat ni à Toulouse. Il restera à Paris où les dépenses seront moins dispendieuses. Il devient l'homme du monde le plus rangé. Je vois ses dépenses étant journellement avec lui... moyennant bon ordre tout ira bien... Je compte partir au commencement de décembre pour me rendre à Massat..., etc. » ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Les villes de Pamiers, Foix, Mazères, Tarascon, Saverdun, St-Girons, St-Lizier, prises et reprises tour à tour par les protestants et les catholiques, furent en proie aux atrocités de ces guerres fratricides. Massat en connut aussi les horreurs. Par trois fois en 1568 et 1569, des bandes de huguenots venues du Mas-d'Azil et de Tarascon par Péguère et le col-de-Port entrèrent dans la vallée et sur le versant de la Soulèlhe saccagèrent, pillèrent, incendièrent récoltes, hameaux, granges, maltraitant et rançonnant les habitants, volant leurs bestiaux. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ A peine en possession de son fief de Massat, entr'elle et ses vassaux des malentendus surgirent. Autoritaire, procédurière comme ses ancêtres, pressée aussi sans doute par le besoin d'argent pour satisfaire à la vie dispendieuse qu'elle menait à Paris, elle rouvrit contre les habitants de la vicomté une ère de procès qui ne devait finir qu'avec la Révolution. En 1733, le Comte de Sabran, au nom de sa femme, assigna les consuls et syndic de Massat en « reconnaissance féodale ». Ceux-ci opposèrent un refus s'appuyant sur un arrêt de la Cour de 1717 autorisant les statuts de la communauté. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Comme une petite ville en effet, Massat avait son église collégiale avec ses prêtres et son chapitre de six chanoines, dépendant de l'évèché de VUE DE MASSAT ET DE LA MONTAGNE DE LA SOLEILHE " OU SERPENTE LA ROUTE QUI MONTE VERS LE COL DE PORT St-Lizier. Notaires royaux, avocats au Parlement, baile, intendant, officiers du seigneur, médecins, apothicaires, chirurgieus, marchands, cabaretiers, artisans... composaient en partie la population du bourg. Le cultivateur formait la majeure partie des habitants de la vallée. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Fils aîné du comte Georges de Foix Rabat, Henri-Gaston avait hérité de son père la vicomté de Massat en 1600. Entre lui et ses vassaux vont commencer les conflits sérieux, les graves malentendus qui se continueront avec ses héritiers et ne prendront fin qu'à l'aurore de la Révolution Française. Il n'est pas inutile, pour mieux apprécier les faits et établir les responsabilités réciproques, de connaître dans la querelle la moralité et le caractère de chacun des antagonistes. Car en matière d'accords tant vaut la moralité des contractants tant valent leurs signatures. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ La comtesse de Sabran prétend maintenir la « nobilité des montagnes, foulons, moulins à scie et autres propriétés dont elle jouit noblement, à l'exception de ceux imposés dans le livre terrier de 1674 », se refusant à connaître le cadastre de 1725 qui n'est revêtu, dit-elle, d'aucune formalité. Les adversaires, ajoute-t-elle, n'ont qu'un arpentement général fait en 1554 de la châtellenie de Saint-Girons et Massat, dont l'extrait est rejetable, qui aurait fait déclarer « roturiers » les biens du vicomte de Massat, par le Commissaire du Roi. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Les Consuls de Massat des années 1745 et 1747 furent également condamnés à payer chacun la somme de 500 livres à la dame de Sabran. L'un d'eux n'ayant pu s'exécuter sur le champ « ses meubles et ses effets volent par les fenêtres et sont traînés dans la rue »... « La Communauté tout à la fois relaxée et condamnée a porté ses justes plaintes au pied du trône ; l'ouvrage de l'injustice et de la vexation a été anéanti. » ”
Les perles du salon : peintres… (1845)
“ «J'ai à te parler, Masséna, répondit celui-ci. — «Dans un moment, reprit Masséna. Mais, citoyen Junot, ajouta-t-il en se tournant vers le jeune aide de camp, je ne vois pas le général en chef que vous m'avez annoncé. Je serais fâché qu'à notre première entrevue il pût avoir le droit de m'accuser de mon peu d'empressement à me rendre à ses ordres. — «Il n'en sera rien, général Masséna,» dit avec dignité le jeune homme au front pâle, en s'avançant au milieu du cercle formé par les officiers républicains. ”
Collectif, Europe, revue mensuelle
“ Je ne sais ce qui se passa ensuite dans le bureau de Massart, je me souviens seulement d’une ignoble photographie au mur, sous les portraits de famille des directeurs des Renseignements généraux, une photo qui représentait la muraille de la Santé, avec un petit homme en pardessus et en haut de forme au pied du rempart de meulière, et qui portait cette dédicace : « À Massart, ce puissant raccourci, Deibler. » Je descendis enfin les escaliers poisseux de la préfecture, c’était fait. Je respirais, comme on dit que respirent les paranoïaques qui rêvèrent longtemps d’un meurtre. ”
baron de Jean-Baptiste-Antoine-Marcelin Marbot, Mémoires du général baron de Marbot…
“ Les généraux Reynier et Montbrun exprimèrent aussi hautement leurs sentiments. Junot fut acerbe; comme il blâmait Masséna, je pris la liberté de lui rappeler la scène de Valladolid et l'accueil qu'il avait fait à Mme X...; mais il me répondit en riant: «Parce qu'un vieux housard tel que moi fait quelquefois des farces, ce n'est pas une raison pour que Masséna les imite; d'ailleurs, je ne puis me séparer de mes camarades!» À compter de ce jour, Ney, Reynier, Montbrun et Junot furent au plus mal avec Masséna, qui, de son côté, leur en voulut beaucoup [4] . ”
P.-A. Sanvert, Massillon (1891)
“ Massillon nous a donné une partie du secret de cette claire vue des âmes, en nous confiant qu'il se regardait pour voir autrui. Il fait le même aveu publiquement dans ce sermon sur la confession, sermon que Louis XIV trouva si beau. « Que craignez-vous, en nous racontant l'histoire de vos malheurs et de vos chutes?. Vous n'en direz jamais assez pour nous surprendre. Ah! nous ne savons que trop de quoi toute la corruption du cœur humain est capable : nous portons en nous la source et les penchants des mêmes faiblesses dont vous rougissez. » ”
“ À la première représentation de la Navarraise assistait le prince de Galles, plus tard Édouard VII. Les rappels à l’adresse des artistes furent si nombreux, si enthousiastes, que l’on finit par me rappeler aussi. Comme je ne paraissais pas, par la bonne raison que je n’étais pas là, et ne pouvais non plus être présenté au prince de Galles qui voulait me féliciter, le directeur ne trouva que ce moyen pour m’excuser auprès du prince et du public. Il s’avança sur la scène et dit : « M. Massenet est en train de fumer une cigarette dehors ; il ne veut pas venir ! » ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Un long et interminable procès l'avait mis en conflit avec les communautés de Massat et de Boussenac (celle-ci dépendant de la vicomté des seigneurs de Commenge et Bruniquel) à propos de la maison presbytérale. Depuis onze années, comme il le dit lui-même dans sa requête à l'intendant d'Auch, il était privé de maison, de grange et de jardin par le parti pris de quelques « despotes » qui administraient les communautés et éludaient sans cesse leurs engagements. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ C'est avec une curiosité respectueuse que les habitants de Massat voyaient, au cours des années, ces obsèques de Péchets dont l'humble cortège se déroulait sans prêtres, sans sonneries de cloches, sans passer par l'église. Car, sans bien comprendre la nature de ce schisme, incom- pris même souvent des plus humbles de ces schismatiques, leurs compatriotes leur rendaient hommage les connaissant de mœurs pures, de morale sévère et rigoureusement intransigeants pour les abstinences, les jeûnes du carême et la pratique de leur culte. ”
Ernest Capendu, La Vivandière de la 17e légère… (1868)
“ M. Mussot n'avait plus ni sourcils, ni nez : à peine avaitil des yeux, mais ce qu'il avait surtout c'était une bouche, et quelle bouche ! Comme corps, le boulanger eut pu passer pour être assez bien fait, s'il n'avait eu une épaule plus haute que l'autre. Tel qu'il était cependant, Mussot était cousu de prétentions. Il se croyait un homme à bonnes fortunes, un séducteur dangereux. Il excusait sa laideur en prétendant que la beauté chez un homme ne signifie rien. — L'esprit et l'intelligence, c'est tout ce qu'il faut pour plaire aux dames ! — disait-il. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ L'insurrection s'était rapidement étendue. A la fin de l'année 1829 les Demoiselles étaient maîtresses des montagnes de Massat, Ercé et Aulus. Elles ne rêvaient rien moins que de soulever tous les montagnards des Pyrénées jusqu'au versant Espagnol. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Ce règlement est d'autant plus nécessaire que par un abus qui s'est introduit depuis quelques années, les bourgeois les plus considérables de Massat introduisent dans la vicomté des troupeaux qu'ils tiennent en gazaille hors de la Terre. De même les habitans des paroisses voisines achètent un lopin de terre dans la vicomté pour y bâtir une cabane et jeter dans les montagnes et forêts de l'exposante les troupeaux qu'il tiennent dans le lieu de leur résidence. ”
P.-A. Sanvert, Massillon (1891)
“ L'éloquence de Massillon est humaine, de plus, française. Elle porte déjà l'habit un peu fastueux du XVIIIe siècle. Et puis, elle n'a pas peur. Elle est apostolique. Ces prêtres modestes, Bourdaloue ou Massillon, ne marchandent pas avec les prétentions des puissants; et quelle hardiesse ne faut-il pas, pour oser, dans un premier sermon fait à la Cour, s'exprimer ainsi, devant un Roi escorté de toute une noblesse superbe : « Qui que vous soyez, grand, peuple, prince, sujet, la situation la plus à souhaiter pour votre vanité,, c'est d'ignorer ce que le monde pense de vous. » ”
Alfred de Musset,
Nouvelles
(1877)
“ Le feu s'alluma ; quand la cendre fut chaude, ils la répandirent sur le lit de telle sorte que le corps y était entièrement enseveli. Le médecin versa alors quelques gouttes de liqueur sur les lèvres de Margot, puis il secoua la tête et tira sa montre : — J'en suis désolé, dit-il d'un ton pénétré, mais il ne faut pas que les morts fassent tort aux malades; on m'attend fort loin, et je m'en vais. — Si monsieur voulait rester encore une demiheure, dit Pierrot, je lui donnerais bien un écu. — Non, mon garçon, c'est impossible, et je ne veux pas de ton argent. ”
Bonnet Attaix, Étude sur Massillon : thèse pour le doctorat… (1882)
“ Elle est chez Bossuet dans sa force première, tirant son origine de l'Ecriture, de la théologie et des écrits des Pères; elle garde l'impétuosité et la limpidité de la source; elle ressemble à l'éloquence de saint Paul, comparée par Bossuet lui-même à un torrent qui descend des montagnes. Le fleuve s'élargit avec Bourdaloue, et la pureté de ses eaux commence à s'altérer : le raisonnement et ia morale y mêlent des éléments étrangers. L'éloquence, chez Massillon, subit une transformation complète ”
