Résumé

Les perles du salon : peintres… (1845)

M. Léon Cogniet nous représente le Tintoret en cet instant terrible où le père retrace une dernière image de sa fille chérie, couchée sur son lit de mort. Toute la nuit il a veillé pour cette œuvre douloureuse; toute la nuit ses yeux se sont remplis de cette image adorée, qu'il veut faire revivre sur sa toile: déjà la peinture est achevée, et le peintre jette un dernier coup d'œil sur sa fille. Ses yeux sont secs et terribles, sa figure austère et sombre ; la lueur d'une lampe cachée derrière le rideau éclaire cette scène funèbre et double encore la pâleur glacée de la Tintorella.
Source : Gallica

Les perles du salon : peintres… (1845)

Sans effervescence aucune, le Hollandais semble n'avoir ni nerfs ni sang. Il ne fera point de mal, il ne fera point de bien. Ni offensif, ni expansif, il ne vous nuit point, et vous laisse périr. Ni avide, ni généreux, il ne convoitera pas votre bien, mais jamais il ne vous ouvrira sa bourse. Le voyageur peut errer dans les campagnes de la Hollande : il n'y rencontrera pas un malfaiteur pour le dépouiller, mais il ne trouvera pas un paysan pour le conduire s'il est égaré. La monotonie et le flegme du Hollandais sont contagieux comme le
méphitisme des canaux du pays.
Source : Gallica

Les perles du salon : peintres… (1845)

Bref, jamais existence ne fut plus longue, plus brillante, plus respectée, plus constamment heureuse. Titien ne connut ni le chagrin, ni l'adversité, ni l'envie. Il ne lui fallait plus qu'un an pour atteindre le siècle, lorsqu'il fut frappé, en 1576, par l'épidémie, la palette à la main.
Malgré le deuil dans lequel Venise était plongée, on lui ordonna des obsèques magnifiques, et chacun fit taire sa douleur privée pour rendre, au risque de la vie, un hommage de regrets et de larmes à ce peintre auguste, la plus belle gloire de sa patrie.
Source : Gallica

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