Marichette

Définition et enjeux

Clarisse Nicoïdski,  Guerres civiles (1991)

“ Je bois à cause des rues, des piques, des truies aveugles, des lapins égorgés, des falaises englouties par cette bouche monstrueuse de Marichette. Qui dévore. Elle bave de plaisir et son menton est gluant. Elle ne veut rien manquer de la chair du tourteau. Elle adore ça. Elle aspire violemment l'intérieur de la patte. Si le bruit de vent devient plus fort, plus fort, Marichette va s'envoler, s'engouffrer dans le membre géant, mourir étranglée. Marichette devrait boire. J'aurais un beau concert. Symphonie pour une bouche et un étranglement. Orgue animal, dont les intentions sont imprévisibles. ”
Source : Gallica

Clarisse Nicoïdski,  Guerres civiles (1991)

“ Marichette dort. L'enfant meurtri sommeille aussi, les doigts écartés. Il nage dans quelque océan où tu voudrais bien le suivre. Il faut devenir, Léa. Devenir tous ces êtres que piétinent les Marichette tricoteuses. Devenir et suivre le chemin.
A la campagne, on prend des chemins, on les suit un certain temps et au moment où l'on décide de faire demi-tour, car on tente toujours de revenir sur ses pas, on veut les retrouver. On s'affole, comme si on avait laissé son ombre s'égarer hors de portée.
”
Source : Gallica

Clarisse Nicoïdski,  Guerres civiles (1991)

“ A bien observer Marichette, il est clair, pense-t-on, qu'elle est née vieille et vivante. Tout ce qui a précédé dans son existence, sommeil, alimentation, évacuation, copulation, avait uniquement pour but de la conduire à cet état de vieillesse avancée, lucide, autoritaire. Dans le ventre de sa mère, Marichette, fœtus, avait les bras en forme d'aiguilles à tricoter; quand elle a fait
l'amour — quelquefois elle a fait l'amour —, ce fut pour confectionner ensuite des layettes, justifier son destin de modes et travaux.
”
Source : Gallica

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