Clarisse Nicoïdski, Guerres civiles (1991)
“ Je bois à cause des rues, des piques, des truies aveugles, des lapins égorgés, des falaises englouties par cette bouche monstrueuse de Marichette. Qui dévore. Elle bave de plaisir et son menton est gluant. Elle ne veut rien manquer de la chair du tourteau. Elle adore ça. Elle aspire violemment l'intérieur de la patte. Si le bruit de vent devient plus fort, plus fort, Marichette va s'envoler, s'engouffrer dans le membre géant, mourir étranglée. Marichette devrait boire. J'aurais un beau concert. Symphonie pour une bouche et un étranglement. Orgue animal, dont les intentions sont imprévisibles. ”
