Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Résumé

Portrait de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux Théâtre, volume II

Dès que vous en aimez un autre, tout n’est-il pas dit ?
Maître Blaise. Un autre galant ? Alle serait, morgué ! bian en peine de le montrer.
Angélique. En peine ? Eh bien ! puisqu’on m’obstine, c’est justement lui qui parle, cet indigne.
Lucidor. Je l’ai soupçonné.
Maître Blaise. Moi !
Lisette. Bon ! cela n’est pas vrai.
Angélique. Quoi ! je ne sais pas l’inclination que j’ai ? Oui, c’est lui ; je vous dis que c’est lui !
Maître Blaise. Ah çà, mademoiselle, ne badinons point ; ça n’a ni rime ni raison. Par votre foi, est-ce ma personne qui vous a pris le cœur ?
Angélique. Oh !
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Portrait de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux Théâtre, volume II

Si tu avais voulu de Damis, il ne serait pas à elle, ainsi te voilà hors d’intérêt ; et, dans le fond, ton cœur t’a bien conduit ; Damis et toi vous n’étiez pas nés l’un pour l’autre. Il a plu sans peine à ta sœur ; nous voulions nous allier, M. Ergaste et moi, et nous profitons de leur penchant mutuel ; c’est te débarrasser d’un homme que tu n’aimes point, et tu dois en être charmée.
Lucile. Enfin, je n’ai rien à dire, et vous êtes le maître ; mais je devais l’épouser. Il n’était venu que pour moi, tout le monde en est informé ; je ne l’épouse point, tout le monde en sera surpris.
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Portrait de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux Théâtre, volume II

Angélique. Vous le dirai-je ? Je me repens d’avoir tout dit ; mon amour m’est cher, je viens de m’ôter la liberté d’y céder, et peu s’en faut que je ne la regrette ; je suis même fâchée d’être éclaircie ; je ne vois rien de tout ce qui m’effraye et me voilà plus triste que je ne l’étais.
Madame Argante. Dorante me connaît-il ?
Angélique. Non, à ce qu’il m’a dit.
Madame Argante. Eh bien ! laisse-moi le voir ; je lui parlerai sous le nom d’une tante à qui tu auras tout confié, et qui veut te servir. Viens, ma fille ; et laisse à mon cœur le soin de conduire le tien.
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