“ Sa manche qu’il agite est trop longue, et dépasse, En leur faisant adieu, sur sa main, de beaucoup ; Il donne, après cela, sans raison, un grand coup Des deux poings dans le dos d’un pierrot ; il échappe Au coup de pied que l’autre allonge, et qui n’attrape Malgré la violence, en ne l’atteignant pas Lui-même, que la blouse en relevant le bas, Avec beaucoup de plis en courbes, de l’étoffe ; Le boiteux se retourne alors, puis apostrophe Le pierrot, lui criant : « Parole, c’est assez Réussi. » Des deux mains il fait un pied de nez Sur son masque, puis file. ”
Résumé
“La Doublure”, est une œuvre de Raymond Roussel. Des thèmes tels que Roberte, le masque ou doigts y sont abordés.
Citations de La Doublure (Raymond Roussel)
“ Après elle remet la pelle toute droite, Et la poudre formant une cascade étroite Bombée, aérienne et transparente, part Lentement, en passant par le bas de l’écart, Juste à l’angle à partir duquel elle s’amasse En pente douce unie.⁂ Une femme dépasse, Grande et forte, Roberte, en la touchant de près, Et même la cognant du coude, comme exprès ; Mais elle se retourne aussitôt et s’excuse, En disant que vraiment elle est toute confuse, Avec l’accent anglais, sur un ton larmoyant. Son masque est sans couleur, et Roberte en voyant Son teint rasé, découvre alors que c’est un homme. ”
“ La pointe, avec le haut du fourreau noir en cuir, Qui tournent tous les deux en paraissant se fuir. Gaspard, très rouge avec sa fraise qui l’engonce, Rage et devient nerveux. Une fois il enfonce La pointe à faux, voulant quand même aller trop fort, Et la pique à côté de l’ouverture, au bord En cuivre du fourreau. Le moment semble immense ; Dans la salle, partout attentive, on commence À chuchoter et puis à rire ; plusieurs fois Gaspard repique au bord. Tout en haut une voix Crie : Crie : « Il est donc bouché ton fourreau ? » Crie : « Il est donc bouché ton fourreau ? » ”
“ Quelqu’un à leur droite, en ce moment, en bas De la pente, marchant sur les galets, sifflote Un air ; on sent qu’exprès de son souffle il tremblote Comme une mandoline un peu, son sifflement Toujours juste. On entend bientôt, au changement Du bruit que fait son pas tout à coup, qu’il commence À remonter la pente ; il chante sa romance Depuis quelques instants ; Roberte qui la sait Cherche à se rappeler, sans pouvoir, ce que c’est ; Il la chante en fermant la bouche, sans parole ; Elle cherche : « Voyons, c’est une barcarolle, Je ne connais que ça. » ”
“ Taquiner, quelque temps, puis finit par se taire En toussant. Devant eux, des pieds poussent par terre, La promenant avec de bizarres circuits Et se la renvoyant l’un à l’autre, depuis Pas mal de temps déjà sans la perdre, une vieille Armature de pelle en fer-blanc, et pareille À celle de Roberte ; elle se traîne sans Le long manche de bois qu’elle a perdu ; les gens Par chaque coup de pied qu’ils donnent, qui diffère Comme direction pour chacun, lui font faire Un chemin constamment différent et trompeur. ”
“ Tournant la tête ; c’est la machine à vapeur Qui siffle avec de la fumée ; elle commence À faire aller en rond, bientôt vite, l’immense Et lourde course ; on voit des cavaliers sur tout Le cercle vite empli par la foule ; debout Sur ses deux étriers, un enfant sur sa bride Se cramponne très fort ; la rapidité ride La mince étoffe bleu clair du pan d’un foulard De femme, qui dépasse en arrière du quart. Des sortes de traîneaux, de voitures sans roues Finissant en avant en pointe, par des proues, Tiennent de temps en temps la place des chevaux. ”
“ Un tout jeune pierrot, en faisant le boiteux, Commence à se traîner près de Roberte ; il masse, Tout en marchant, sa cuisse, avec une grimace Sous son masque, à travers lequel on voit aussi, Sans peinture. Il fait voir son pied droit, raccourci, Dit-il, par accident ; il continue à feindre Beaucoup d’infirmité ; puis commençant à geindre, Il fait à chaque pas : « Holà ! » mais sans bagout Comique ni gaieté ; le faux accent surtout Traînant et nasillard qu’il se donne est stupide Et lourd, et son parler n’est pas assez rapide Avec les mots venant mal, pour être amusant ”
“ Un pierrot en passant le vise avec sa pelle Au chapeau qu’il attrape assez bien, puis l’appelle : « Hé, dis donc, là-bas, vieux pochard, » l’apostrophant Sous son masque en couleurs, sur un ton bon enfant Qu’il croit approprié, prenant pour de la vraie Bonne humeur la figure épanouie et gaie De la tête au sourire incessant, et le pas Qui n’est qu’étudié. L’homme ne répond pas Aux farces du pierrot qui maintenant le raille Sur son mauvais chapeau, puis sur sa haute taille Avec qui ses bras courts ne sont pas en rapport, À ce qu’il dit. Gaspard a marché tout d’abord Au milieu ”
“ Ils se sont arrêtés, puis engloutis ensemble En le voyant. La main du cuisinier, qui tremble Aux cahots, tombe ainsi que de son propre poids Et ferme tout à fait le couvercle ; les doigts D’un des gamins, crispés aux bords de la marmite, Ne se sont enlevés qu’à l’extrême limite Pour rentrer dedans juste au moment d’être pris. Le cuisinier les tient quelque temps assombris Dans la nuit du couvercle ; il continue à rire, Comme heureux en pensant qu’ils sont en train de frire. ”
“ Qui brille à son genou, remet dedans, bien plate, En la tirant du bout avec ses doigts, la patte De sa culotte courte en velours jaune clair, Dans laquelle des bas entrent, couleur de chair ; Elle a de fins souliers mordorés ; tout le reste Du costume est pareil aux marmitons ; la veste Blanche est très ajustée ; en haut, sous son bonnet Plus grand et fantaisie aussi, l’on reconnaît Par la grosseur de tête et, de plus, à la nuque, Par un léger écart, que c’est une perruque À cheveux courts et non ses vrais cheveux qu’elle a. ”
“ Avec, sur le sommet de l’armature, un doigt, Le manche comprimé déjà du pouce droit, La lâche d’une main et, pour rire, se bouche L’oreille en grimaçant d’un côté de la bouche Pendant qu’elle fait : « Aïe ! » en fronçant un sourcil. L’autre termine enfin. Il dit : « C’est pas gentil De ne pas avoir mieux écouté ma romance. » Il demande s’il faut qu’il la lui recommence Pour qu’elle écoute mieux que ça cette fois-ci ; Roberte lui répond : « Ah la la ! non, merci, » Et qu’elle trouverait bien meilleur qu’il s’en aille Sans adieux. Il se met à lui pincer la taille. ”
“ Vraiment, appuyer fort, en le visant, son doigt Sur le manche de bois de sa pelle ; on le voit Un instant tout entier d’en haut ; sur sa calotte Bleue est un bouton vert ; sa casaque ballotte Jaune et bleu clair, en soie et faisant des plis, car Elle devient trop large à la taille. ⁂ Le char De la nourrice fait une cacophonie Avec la Marseillaise, à droite, pas finie ; Voyant ça, les chanteurs n’en braillent que plus fort ; Le petit pierrot rouge à voix d’enfant se tord En cessant de chanter, et se tapant la cuisse Avec la main, d’un air ravi ”
“ S’entend à quelques pas du théâtre, en plein air, Sous le feuillage à la toiture assez épaisse, Mis sur des fils de fer espacés, d’une espèce De long café ; quelqu’un dit : « Qu’est-ce que tu bois ? » En entrant, sans qu’on l’ait vu. Les chevaux de bois Sont repartis avec une foule nouvelle. On ne voit pas le même homme à la manivelle De l’orgue ; celui-là, cette fois, est gaucher. Un enfant fait un peu le geste de faucher De ses deux mains avec sa bride ; il se remue Des jambes tout le temps, fort ; il est tête nue, Les cheveux envolés. ”
“ Tout de suite qu’il est stupide, que ce doit Être tout simplement un pauvre hydrocéphale, Et qu’en pitié de lui maintenant il ravale Sa rancune. Gaspard, qui s’est pas mal battu Depuis quelque temps, dit à Roberte : « Veux-tu Partager avec moi ce qui te reste encore De confettis ? » Roberte, en disant qu’elle ignore Ce qu’elle en a, lui tend son sac ouvert ; Gaspard Y puise pour y prendre à peu près moitié part, Ressortant chaque fois sa pelle toute pleine Entre les bords ; tous trois n’avancent plus qu’à peine ; César de nouveau, seul, se pâme sur l’effet De la mer. ”
“ À Roberte, en marchant, un vieux sac de bonbons En papier bleu de ciel, disant qu’ils sont très bons Et tout frais de six mois et qu’il faut qu’elle en goûte Au moins un ; mais le sac bleu de ciel la dégoûte, Tout sale et chiffonné, car il tire à sa fin ; Elle répond : « Merci beaucoup, je n’ai pas faim. » Il retire le sac aussitôt et s’excuse Mille fois, puis le tend à Gaspard qui refuse À son tour ; il lui dit qu’il a le plus grand tort ; Et plongeant ses deux doigts dans le sac, il en sort Ensemble, tout collés, cinq ou six sucres d’orge ”
“ Entouré tout d’abord d’un premier cercle bleu Puis de blanc, mais le tout sans vision ni feu ; L’homme paraît avoir une poitrine étroite Sous cette grosse tête ; il tient dans la main droite Par le fond, en serrant ses doigts, un vrai cruchon En grès jaune, à liqueur, au goulot sans bouchon, Qu’il bouge sans paraître attacher d’importance Au soi-disant liquide empli dedans ”
“ Que c’est cette petite actrice aux gestes drôles Qui joue un peu partout, toujours, des bouts de rôles, Fanny Néret, qu’il la connaît au moins de nom ; Il répète : « Fanny Néret ? » en disant : « Non, » Qu’il ne la connaît pas. La porte est grande ouverte, Au seuil de la maison dont l’entrée est couverte De confettis intacts, s’espaçant assez loin Sous la voûte, tassés quelquefois dans un coin ; En marchant on les fait rouler, on les écrase, Un s’enfonce au milieu d’une raie. ”
“ On entend résonner sur le trottoir le pas D’un homme allant beaucoup plus vite qu’eux, qui longe Le devant des hôtels ; chaque fois que l’on plonge Dans un écart de la tribune, on peut le voir, Un peu plus en avant à chacun, tout en noir, Avec un chapeau gris ; bientôt il les dépasse, On cesse de le voir, soudain, dans un espace, Et l’on n’aperçoit plus personne nulle part. Ils avancent toujours très lentement. Gaspard Lui dit en souriant : « Il faut bien qu’on se taise De temps en temps aussi, n’est-ce pas ? » Il lui baise La main gauche à plusieurs reprises. ”
“ Sa silhouette. Un gros a beaucoup de moustache ; Et le dernier, moins vif dans sa marche, a l’air vieux. Dans les têtes des coqs, de côté, de gros yeux Immobiles et ronds, marron et noirs, en verre, Par leur expression peuvent assez bien faire En très grand le regard fixe et froid d’un vrai coq. Gaspard, qui les regarde, est poussé, par le choc De quelqu’un qui le heurte en courant, dans la foule. On entend imiter un gloussement de poule ; C’est un pierrot qui met ses mains en porte-voix Sur son masque, en visant les coqs, là-bas. ”
“ Branlant, quand il y touche, un peu, fait d’une tige En fer noir. Une femme, en s’arrêtant, oblige, Pour qu’il ne traîne plus ses souliers, un gamin Aux pieds blancs de poussière, à lui donner la main, En disant : « Tu deviens insupportable, George, » Et l’entraîne avec elle ; il suce un sucre d’orge Tout jaune dont le bout est déjà très pointu. Tout à coup l’orgue des chevaux de bois s’est tu ; Ça vient de s’arrêter ; une femme très laide Fait des manières pour descendre ; un homme l’aide En lui donnant les deux mains ; elle prend un soin Ridicule en sautant, puis rebondit. ”
“ Il cherche tout d’abord, puis le trouvant il cligne Les yeux, mais ne comprend que la première ligne ; Roberte, en regardant une seconde fois, Le lit alors d’un bout à l’autre, à haute voix, Sans peine maintenant que l’homme se rapproche, Puis regarde Gaspard en disant : « Hein ? » Lui hoche Affirmativement la tête, en souriant. Par terre quelque chose attire l’œil, brillant Au milieu du plâtras sale, comme une espèce De pourtour rond, rayé ; c’est le haut d’une pièce ”
“ Des confettis qu’il jette à terre par saccades. Tous deux sont arrivés à la fin des arcades. Le char du cuisinier, après ce long retard Du grand encombrement qui subsiste, repart Maintenant seulement ; et Roberte s’arrête, Voulant le regarder partir. La grosse tête Joyeuse, sous le blanc de l’immense bonnet, Lui rappelle d’ici quelqu’un qu’elle connaît ; Un rire satisfait plisse la grande joue. À présent la musique, en recommençant, joue Une sorte de basse ou de rythme sans air, Qui ne donne qu’un bruit faible dans le plein air. ”
“ Gain, depuis très longtemps qu’il en met de côté.⁂ Tout en parlant il a très doucement ôté De son col, en mettant ses deux mains, une broche En croissant, un cadeau de lui ; puis il l’approche De la flamme, pour voir, à son éclat, l’effet Des pierres aux couleurs sombres ; puis il défait, Sur l’épaule de la robe, des boutonnières Faites rien que d’un gros fil ; après les dernières, Sa main en descendant recommence plus bas Sur le côté de son corsage, sous son bras Qu’elle lève en riant, complaisante et docile, Voulant lui rendre la besogne plus facile ”
“ Pour pouvoir bien souvent se mêler à leur groupe, Presque toujours tout seul et pensif, à l’écart, Voulant faire le plus possible vie à part. Cet amour, cet oubli de tout avec Roberte, Ce départ furieux, auront été sa perte. Maintenant cette vie épouvantable, c’est Peut-être pour toujours qu’il la mène, qui sait Quand il pourra jamais reprendre sa carrière, Et si son nouveau sort n’est pas une barrière Infranchissable, presque, à tout espoir déjà, Et s’il ne lui faudra pas toujours comme ça Toute sa vie entière errer de foire en foire. ”
“ Jaune, élégant, uni, clair, qu’un large galon Noir garnit en hauteur, avec sa redingote Immense, bleu foncé. Le mioche gigote Sous les coups qu’il paraît se sentir infliger Avec ses soubresauts ; le corps est si léger, Battant et se jetant dans tous les sens, que l’homme A l’air de le porter sans se fatiguer, comme S’il était tout en ouate, et parfois il le tient Longtemps à bras tendu ; le col marin revient Tout à fait sur le dos de la tête qu’il cache. Un pierrot lève un peu son masque peint et crache Vite, puis le remet en place ”
“ De confettis, bien plus qu’avant, surtout aux manches. Il marche pas mal vite, en somme ; à chaque instant Il se tourne de tous côtés d’un air content, Comme s’il désirait que tout le monde voie Sa face épanouie et respirant la joie, Avec sa bouche ouverte et son regard très gai ; L’écriteau de son dos a sur deux lignes : « J’ai Dîné dans le grand monde ». À présent il empoigne Au milieu, de nouveau, son cruchon et s’éloigne En dépassant Gaspard et Roberte qui vont Toujours à gauche dans l’encombrement que font Les masques sur les deux longs côtés de la rue. ”
“ Dure, avec des reflets, est faite d’une espèce D’étoffe qu’il prétend valoir au moins par pièce Mille francs, toute noire, avec d’énormes pois Rouges rayés en large ; il parle de son poids Et, prenant un grand pli dans sa main, il la donne À peser à Roberte, et dit : « C’est de la bonne Qualité, n’est-ce pas ? » Puis il montre l’effet Gracieux de son beau corsage en pointe, fait D’une étoffe tout autre en gros lainage mauve. Roberte en regardant lui dit qu’il est donc chauve, D’avoir cette perruque impossible, à bandeaux, Dont les cheveux frisés lui tombent dans le dos ”
“ Vite, en tirant les doigts nerveusement, ses gants Gris, terminés par deux grands poignets élégants ; Puis avec ses doigts nus, il enlève sa fraise Qui le gêne. Et tombant alors sur une chaise Capitonnée, et d’où sort un peu de coton Par une déchirure, il saisit son menton, Le coude sur la cuisse, et murmure à voix basse, Le regard angoissé tout perdu dans l’espace, Dirigé fixement en bas, vers le milieu De la porte : « Mon Dieu... mon Dieu... mon Dieu... mon Dieu... ! » L’esprit, dans une crise aiguë, en proie au doute. ”
“ Puisque la promenade est tout le temps la même. Nous l’avons déjà fait plusieurs fois très loin, j’aime Mieux retourner. » Il dit : « C’est comme tu voudras, Retournons tous les deux. » Il la prend par le bras Gauche ; ils vont à pas lents, tout doucement. À droite La mer, en s’agitant, de temps en temps miroite En montrant un sommet de vague, et redevient Sombre presque aussitôt. En marchant, Gaspard tient Contre lui, de sa main, l’avant-bras de Roberte, Serrant sur sa poitrine aussi sa main ouverte Et la lui caressant. Il dit : « Je suis heureux, Bien heureux. » ”
“ D’avoir sa rêne très raide et de prendre garde Qu’il ne veuille partir devant. Fanny regarde La file allant vers la gauche des hommes verts Qui précèdent toujours la nourrice, couverts De leur grande citrouille enfonçant sur leur tête ; Le premier, entravé par un landau, s’arrête, Puis les autres aussi presque tous à la fois ; Un d’eux, de chaque main, prend dans deux de ses doigts Une basque de son habit vert, puis il danse En jetant de côté les pieds ; la discordance Des deux musiques font comme un rythme indécis Sur lequel il se règle ”
“ Aux cahots ; du bras droit, pour l’instant, il recouvre Tous les marmitons ; mais le couvercle s’entr’ouvre De temps en temps, comme un récipient qui bout ; C’est un des marmitons resté presque debout Qui, pour rire, parfois lui donne une secousse. La même femme en grand pâtissier se trémousse ; Deux autres tournent vite en se donnant un bras, On ne comprend pas bien le fouillis de leurs bas, Leurs jambes s’embrouillant toutes quatre, pas nettes. Un grand maître d’école a d’énormes lunettes Vertes, parant sa tête en carton à souhait ”
“ Un long musicien très maigre est ridicule.⁂ Du monde, derrière eux, en les poussant, recule Sur Gaspard et Roberte inattentifs, en train De regarder partir le char. Un tambourin, Avec un bruit de cuivre et de lamelles, roule Tout droit sur son pourtour, au milieu de la foule ; Mais un soulier qu’il touche en passant compromet Son équilibre, et près de Gaspard il se met À tourner sur lui-même ; on peut, du regard, suivre Le chemin flou que font les lamelles de cuivre En tournoyant ainsi, pas vite, à leur éclat ”
“ Foncé ; l’homme fait voir partout, dans sa main gauche Un écriteau de toile et dont le sens s’ébauche Pour Roberte, déjà, bien qu’encore assez loin, Quand elle cherche à voir les lettres avec soin ; Ce sont des lignes très courtes, d’une écriture Penchée, et prétendant, à la température Excessive qu’il fait toujours dans le Midi, Que le fer ne sera jamais plus refroidi Si longtemps qu’on le tourne ; en arrivant à lire Tout, Roberte se met, ouvrant la bouche, à rire, En découvrant ses dents du dessus, faisant « ho » Sur un ton grave, et montre à Gaspard l’écriteau ”
“ Puis le sac refermé dans les doigts, à sa gorge Avec son pouce il prend le bas du masque peint Ridicule, qu’il a, toujours du même teint Rose vif tout uni, qu’on voit à tout le monde ; Courte sur son menton, une barbiche blonde, Et le haut de sa joue, à côté, dépourvu De toute barbe, font un visage imprévu Auquel on n’aurait pas pu songer à s’attendre, On ne sait trop pourquoi, tout à l’heure, à l’entendre, Quand on ne connaissait que le son de sa voix. Tenant son masque en l’air, il avale à la fois Les cinq ou six bonbons toujours collés qu’il croque ”
Termes fréquents
Œuvres similaires
L’Orthopédie (Nicolas Andry de Boisregard…Une jeune fille à la page (Michèle Nicolaï…Les Curiosités de la médecine…De la physiognomonie : texte, dessin…La Vue (Raymond Roussel)L'oeuvre de Gavarni : lithographies originales et essais d'eau-forte et de procédés nouveaux…Dictionnaire walon-françois (R.-H.-J. Cambresier…La prestidigitation sans appareils…Collection J. Gréau. Troisième partie…Guerres civiles (Clarisse Nicoïdski…
