Résumé

Portrait de Colette Colette,  Rêverie de Nouvel An

“ Écarte-toi de moi! Mais ne reste pas ainsi debout sur le seuil: tu arrêtes, tu me voles le faible souffle qui bat, de la fenêtre à la porte, comme un lourd oiseau prisonnier...
J'ai chaud. Je ne dors pas. Je regarde l'air noir de ma chambre close, où chemine un râteau d'or, aux dents égales, qui peigne lentement, l'herbe rase du tapis. Quand l'ombre rayée de la persienne atteindra le lit, je me lèverai,—peut-être... Jusqu'à cette heure-là, j'ai chaud.
J'ai chaud. La chaleur m'occupe comme une maladie et comme un jeu. Elle suffit à remplir toutes les heures du jour et de la nuit.
”
Source : Gutenberg

Portrait de Colette Colette,  Rêverie de Nouvel An

“ T'attendre, te chercher? Pas ici, où rien ne se souvient de toi. La mer ne berce point de barque; la mouette qui pêchait, agrippée au flot et battant des ailes, s'est envolée. Le rocher rougeâtre, en forme de lion, se prolonge, violet, sous l'eau qui l'assaille. Se peut-il que tu aies dompté, sous ton talon nu, ce lion taciturne? Ce sable, qui craque en séchant comme une soie échauffée, tu l'as foulé, fouillé; il a bu sur toi ton parfum et le sel de la mer? Je me répète tout cela, en marchant à midi sur la plage, et je penche la tête, incrédule. ”
Source : Gutenberg

Portrait de Colette Colette,  Rêverie de Nouvel An

“ Ces pieds joints et paisibles ont usé de leurs ongles le drap qui les recouvrait, et ces narines, ces lèvres fermées ont imploré, ouvertes, tendues, le suc d'un fruit calmant, ou la bouffée du parfum oublié. La douleur et la joie, la musique, la couleur et l'odeur—autant de rayons affilés qui se brisaient sur moi, et comme j'en retentissais toute!...
Le soleil descend, et je me trouble à découvrir que la mer est maintenant plus pâle que le ciel, la mer tout à l'heure chargée de noir et de bleu, et de savonneuse écume...
”
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature