Résumé

Portrait de Paul Verlaine Paul Verlaine Œuvres complètes de Paul Verlaine…

Mois de Jésus, mois rouge et or, mois de l’Amour,
Juin, pendant quel le cœur en fleur et l’âme en flamme
Se sont épanouis dans la splendeur du jour
Parmi des chants et des parfums d’épithalame,
Mois du Saint-Sacrement et mois du Sacré-Cœur,
Mois splendide du Sang réel, et de la Chair vraie,
Pendant que l’herbe mûre offre à l’été vainqueur
Un champ clos où le blé triomphe de l’ivraie,
Et pendant quel, nous misérables, nous pécheurs,
Remémorés de la Présence non pareille.
Nous sentons ravigorés en retours vengeurs
Contre Satan, pour des triomphes que surveille
Du ciel là-haut, et sur terre, de l’ostensoir,
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Grâce à ton art profond d’accommoder les restes
Du rôti d’hier ou de ce récent pot-au-feu
En hachis et ragoûts comme on n’en trouve pas chez Dieu.
Le vin n’a pas ce nom, car à quoi sert la gloire ?
Et puisqu’il est tiré, ne faut-il pas le boire ?
Pour le pain, comme on n’en a pas toujours mangé,
Qu’il nous semble excellent me semble un fait archijugé.
Le légume est pour presque rien, et le fromage :
Nous en usons en rois dont ce serait l’usage.
Quant aux fruits, leur primeur ça nous est bien égal,
Pourvu qu’il y en ait dans ce festin vraiment frugal.
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L’écartement des bras m’est cher, presque plus cher
Que l’écartement autre :
Mer puissante et que belle et que bonne de chair,
Quel appât est la vôtre !
O seins, mon grand orgueil, mon immense bonheur,
Purs, blancs, joie et caresse,
Volupté pour mes yeux et mes mains et mon cœur
Qui bat de votre ivresse,
Aisselles, fins cheveux courts qu’ondoie un parfum
Capiteux où je plonge,
Cou gras comme le miel, ambré comme lui, qu’un
Dieu fit bien mieux qu’en songe.
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