Ferdinand Genissieu, En prenant le thé
“ Mon hiver est venu, à moi aussi, comme celui de la nature : je n’ai plus, pour me faire revivre, la gaieté d’un enfant ni les caresses d’une fille. Il fait froid dans mon cœur, comme au dehors. Au lieu des souvenirs que je devais laisser dans leurs cœurs, ces chers êtres m’ont quitté les premiers, et c’est à peine si mon pauvre cœur brisé a la force de se souvenir quels ils étaient. Leur âme à eux était jeune, charmante ; la vie leur souriait, tandis que moi... — Pauvres enfants ! Mon Dieu !... La vieillesse est-elle donc si près de l’enfance, que la mort puisse se tromper de victime ! ”
