Ferdinand Genissieu

Résumé

Ferdinand Genissieu En prenant le thé

Mon hiver est venu, à moi aussi, comme celui de la nature : je n’ai plus, pour me faire revivre, la gaieté d’un enfant ni les caresses d’une fille. Il fait froid dans mon cœur, comme au dehors.
Au lieu des souvenirs que je devais laisser dans leurs cœurs, ces chers êtres m’ont quitté les premiers, et c’est à peine si mon pauvre cœur brisé a la force de se souvenir quels ils étaient.
Leur âme à eux était jeune, charmante ; la vie leur souriait, tandis que moi...
— Pauvres enfants !
Mon Dieu !... La vieillesse est-elle donc si près de l’enfance, que la mort puisse se tromper de victime !
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Ferdinand Genissieu En prenant le thé

C’est cette vilaine chute des feuilles qui te rend triste... — Je suis forte, va, ne crains pas de peser sur mon bras.
Et tournant un peu la tête tout en marchant :
Henri ! Henri ! appela-t-elle.
Puis, son fils d’un côté et moi de l’autre, elle se dirigea vers la maison.
Pourquoi vous ai-je raconté tout cela ? Pourquoi ai-je cherché à me souvenir de cette conversation ? Je ne le saurais dire.
Pourquoi l’âme aime-t-elle à ne pas perdre l’impression d’un dernier bonheur ? Et pourquoi le cœur cherche-t-il à renouveler sans cesse le souvenir d’un chagrin profond ?
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Ferdinand Genissieu En prenant le thé

Il rentra dans la chambre, encore endormi dans les bras de la garde.
Derrière lui, le père, le visage rayonnant, et qui s’avança vite vers moi :
— Elle a été étonnante de sagesse, petite femme, me dit-il ; — c’est une petite merveille.
La garde me fit embrasser mademoiselle Bébé qui dormait toujours dans ses bras, et la remit tout doucettement dans son petit nid rose, qu’elle approcha de moi — et Henri s’asseyant sur la causeuse entre mon lit et le berceau : — Que je te raconte les prouesses de ta fille ! me dit-il.
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