Georges Rodenbach,
Les Tristesses
“ Comme un banni qui rêve à son pays natal ; Indulgent pour chacun, sévère pour moi-même, Car l’homme peut choisir dans un milieu fatal. Oui, je crois que Dieu vit ; oui, je crois que Dieu règne !... Et quoique les bonheurs d’ici-bas soient tous vains, Quoiqu’on ne trouve pas une âme qui ne saigne Et ne tremble à l’assaut de ses rêves divins, J’ai vu, dans l’ombre où va la caravane humaine, Que rayonnait sur elle un Idéal de feu, Et j’y sens un reflet de l’Être qui nous mène : C’est par le cœur qu’on apprend Dieu !... ”
