Pierre Corneille,
Le Cid
(1637)
“ Don Rodrigue Mes pareils à deux fois ne se font point connaître, Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître. Le Comte Sais-tu bien qui je suis ? Don Rodrigue Sais-tu bien qui je suis ? Oui ; tout autre que moi Au seul bruit de ton nom pourrait trembler d’effroi. Les palmes dont je vois ta tête si couverte Semblent porter écrit le destin de ma perte. J’attaque en téméraire un bras toujours vainqueur ; Mais j’aurai trop de force, ayant assez de cœur. À qui venge son père il n’est rien d’impossible. Ton bras est invaincu, mais non pas invincible. ”
