Georges Fourest

Résumé

Georges Fourest La Négresse blonde

LES POISSONS MÉLOMANES
car la musique est douce
Fait l’âme harmonieuse et, comme un divin chœur,
Éveille mille voix qui chantent dans le cœur !
V. H.
Musica me juvat ou delectat
(Lhomond, Grammaire latine.)
Les pianos
des casinos
aux bains de mer
font rêver les poissons qui nagent dans la mer,
car — (tous les érudits le savent, de nos jours)
ils sont muets, c’est vrai, mais ils ne sont pas sourds !
Tout d’abord ils s’étonnent ;
roulant des yeux peureux :
— « Peut-être bien qu’il tonne ? »,
songent-ils à part eux.
Source : Wikisource

Georges Fourest La Négresse blonde

De cet esprit-là, le livre où j’ai la gloire de préambuler, abonde, foisonne, retentit, sonore de crépitations baroques et joviales qui étonnent, parmi la noble harmonie de tels beaux poèmes tout imprégnés d’Orphée peut-être et d’Euripide certainement. On s’amuse, on s’étonne, non sans quelque remords, devant une Phèdre, une Iphigénie, une Andromaque fantasquement renouvelées, et dans telles autres pièces qui n’ont pas eu de modèles millénaires et princiers dans la Singesse, par exemple, on voit luire et cligner les yeux sarcastiques du capripède et frétiller sa queue égayante.
Source : Wikisource

Georges Fourest La Négresse blonde

SARDINES À L’HUILE
Sardines à l’huile fine sans têtes et sans arêtes.
(Réclames des sardiniers passim.)
Dans leur cercueil de fer blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets !
Elles ont vu les mers les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée...
Maintenant dans le fer blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature