Amédée Rouquès

Résumé

Amédée Rouquès Pour elle, poésies (1900)

Un rêve humain, un coeur qui bat et vit, une âme, Veille-t-elle attardée autour de ce fanal? Quel espoir vain trahit peut-être cette flamme? De quel bonheur peut-être est-elle le signal?
POUR ELLE 125
Oui, cette flamme au loin illuminant la vitre, C'est pour moi, je le sens, qu'elle brûle si haut. Comme l'insecte au vent éployant ses élytres, Ah! sans crainte, voler, voler vers le flambeau!
Loin des mensonges et des luttes, loin des villes, Loin des baisers payés et loin des trahisons, Vers l'asile de paix et d'amour, vers l'asile Où n'atteindront ni les clameurs ni les chansons !
Source : Gallica

Amédée Rouquès Pour elle, poésies (1900)

Parmi les foins l'odeur des pétales jonchés.
Oui, pour tous, devant toi dès l'aurore penchés,
Voilà l'espoir, printemps messager, et le gage,
Qu'accompagne l'espoir de tes nouveaux feuillages !
Et ta lente venue est proche de l'essor...
Mais ce que j'aime en toi, c'est la nuit d'où tu sors,
Et tes rayons frileux tremblotant sur le givre,
POUR ELLE 81
Et ton étonnement ingénu de revivre...
Car tu viens, jeune, et fier, et beau, mais sans orgueil.
Ta brume a la mollesse d'un voile de deuil
Où la lumière passe et court selon la brise.
Source : Gallica

Amédée Rouquès Pour elle, poésies (1900)

L'heure s'en va, lente, et pleine d'adieux.
L'ombre descend comme une mer profonde, Où dans la nuit battent de grandes ondes.
Un peu de brise erre encore et s'endort. Il flotte comme un froid parfum de mort.
On sent partout comme une âme en détresse Qui n'oserait avouer sa tristesse.
Tout est funèbre à vous broyer le coeur. Tout est serein à pleurer de bonheur.
EVEIL
J'ai rêvé cette nuit d'un amour admirable,
un bonheur qu'on adore en tremblant, à genoux... D'elle je n'ai rien su, hormis ses baisers fous Et nos langueurs au bord des vagues, sur le sable.
Source : Gallica

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