Joseph Roux

Résumé

Joseph Roux Souvenirs du bocage vendéen (1898)

Des cris de mort et de fureur Tombaient de leur bouche sauvage : « Sous le fer sont tombés les rois ; Le peuple ne veut plus de maîtres; Détruisons le Christ et sa croix, Et jusqu'au dernier de ses prêtres. A nous il faut du sang, du sang! Du sang, pour assouvir nos haines ! Et notre glaive tout-puissant Saura briser nos lourdes chaînes. » Une femme, un monstre inhumain, Le coeur rongé par la colère, A ces soldats tendit la main : « Des brigands je sais le repaire, Dit-elle, allons jeter au feu Toute la race fanatique, Qui veut encore admettre un Dieu Et blasphémer la République. »
Source : Gallica

Joseph Roux Souvenirs du bocage vendéen (1898)

Par l'avenir, un jour, qui saura vos exploits :
On vous appellera des assassins de femmes,
Des tueurs de vieillards, d'enfants, au fond des bois.
Pour vous, chrétiens, tombés pour la plus sainte cause,
Rayonne à votre front la couronne d'honneur,
On baisera la terre où votre corps repose,
De vous on apprendra comment doit battre un coeur.
Si nous voulons aimer le Christ et la patrie,
Nous prêterons l'oreille à vos derniers soupirs;
Vos tombes nous diront votre mort, votre vie,
Car vous êtes héros, et vous êtes martyrs!
Charette
Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire.
Source : Gallica

Joseph Roux Souvenirs du bocage vendéen (1898)

« Mort! mort aux Vendéens! — Pitié! pitié! mon Dieu! »
Grignon donne à l'instant le signal du carnage.
Les femmes, les enfants, tombent à deux genoux :
« De notre vie, ô Christ, nous vous offrons l'hommage,
Pardonnez! disent-ils, prenez pitié de nous! »
Et sous les coups des Bleus, le sang à flots ruisselle.
Les chrétiens sont tués, leurs corps mis en lambeaux.
Et les petits enfants encore à la mamelle
Sont foulés, écrasés, par les pieds des bourreaux.
La mère étend les bras pour préserver sa fille,
Pour la sauver des mains de ces monstres sans coeur.
Source : Gallica

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