Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Verhaeren - Émile Verhaeren, 1883-1896…

À contre flot, depuis longtemps
Ramait, un roseau vert entre les dents.
Mais celle hélas ! qui le hélait
Au-delà des vagues, là-bas —
Toujours plus loin, par au-delà des vagues,
Parmi les brumes reculait.
Les fenêtres, avec leurs yeux,
Et le cadran des tours, sur le rivage,
Le regardaient peiner et s’acharner,
En un ploiement de torse en deux
Et de muscles sauvages.
Une rame soudain cassa
Que le courbant chassa,
À vagues lourdes, vers la mer.
Celle, là-bas, qui le hélait
Dans les brumes et dans le vent, semblait
Tordre plus follement les bras
Vers celui qui n’approchait pas.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Verhaeren - Émile Verhaeren, 1883-1896…

Notre-Dame la Mort, toi, qui te lèves
Au battement de nos tambours
Obéissante et qui, toujours,
Nous fus belle d’audace et de courage,
Notre-Dame la Mort, cesse ta rage,
Et daigne enfin nous voir et nous entendre,
Puisqu’ils n’ont point appris, nos fils, à se défendre.
— La Mort, dites, les vieux verbeux,
La Mort est soûle,
Comme un flacon qui roule
Sur la pente des chemins creux.
La Mort n’a pas besoin
De votre mort au bout du monde,
C’est au pays qu’elle fonce la bonde
Du tonneau rouge.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Verhaeren - Émile Verhaeren, 1883-1896…

Semble passer volante — et s’affilie
À des haines, à des sanglots, à des espoirs :
La rue en or,
La rue en rouge, au fond des soirs.
Toute la mort,
En des beffrois tonnants se lève ;
Toute la mort, surgie en rêves,
Avec des feux et des épées
Et des têtes, à la tige des glaives,
Comme des fleurs atrocement coupées.
La toux des canons lourds,
Les lourds hoquets des carions sourds
Mesurent seuls les pleurs et les abois de l’heure.
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