Lucie Delarue-Mardrus

Lucie Delarue-Mardrus

Résumé

Portrait de Lucie Delarue-Mardrus Lucie Delarue-Mardrus L'amour attend (1978)

Quand Mme Quatreville s'était vexée, Armide trouvait toujours moyen de la faire rire pour la remettre de bonne humeur.
Près d'une heure venait de s'écouler en silence. Tout à coup :
— Eh bien, Gab ! Vous pensez toujours à l'accordeur ?
Comme une enfant, l'autre répondit :
— Vous êtes bête !
— Peut-être. Mais vous, vous piquez un fameux fard !
Ce n'était peut-être pas vrai. Mais à ces mots, par un réflexe qui venait de loin, le visage sanguin de Gabrielle prit une teinte violente. Cruellement, Armide la fixait.
— Il est beau, le petit accordeur !... continua-t-elle, taquine et redressée.
Source : Gallica

Portrait de Lucie Delarue-Mardrus Lucie Delarue-Mardrus L'amour attend (1978)

Avant de passer le seuil de la cuisine, elle jeta par-dessus son épaule :
— Le thé dans une demi-heure, Florence !
— Bien, madame ! Mme de Quatreville aime-t-elle aussi les rôties ?
— J'adore ça !... déclara Gabrielle en se sauvant.
Elles attendirent d'être dans le salon pour délivrer leur moquerie.
— Vous avez entendu ? « Mme de Quatreville. » Elle ne vous appellera jamais autrement, maintenant. Les noms sans particule, ça l'humilie. Il faut vous dire qu'elle a eu dans sa jeunesse un grand amour, malheureux, naturellement, pour le fils de la comtesse. Elle a même failli en devenir folle.
Source : Gallica

Portrait de Lucie Delarue-Mardrus Lucie Delarue-Mardrus L'amour attend (1978)

Armide, oui.
— Comme c'est intéressant !... dit-elle en reprenant son face-à-main.
Gabrielle, le feu aux pommettes, se mit à respirer largement, délivrée, ivre. Tout changeait. Il ne s'agissait plus d'un accordeur, mais d'un artiste. Un artiste, c'est un égal.
— Alors, vous êtes violoniste ?... murmura-telle.
Il leva sur elle ses jolis yeux catégoriques, où passait quelque chose.
— Qui est-ce qui joue du piano ici ?... demanda-t-il.
— Moi !... dit Gabrielle.
— Nous deux !... rectifia Armide. Gabrielle retrouva son air de regarder pardessus l'épaule :
— Oui... enfin !
Source : Gallica

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