Judith Gautier,
Le Japon
(1912)
“ Tout mon sang afflue à mon cœur et une vive angoisse m'étreint à mesure qu'approche l'instant si longuement attendu. — Certes, je suis ému, dit Boïtoro ; mais mon émotion est joyeuse, mon sang court plus vite dans mes veines, je me sens léger et heureux, tandis que tu sembles souffrir. — Mille inquiétudes m'assiègent, reprit Miodjin. Nous aimons, mais sommes-nous aimés ? Celles que nous attendons avec tant de confiance n'ont-elles pas depuis longtemps disposé de leur cœur ? J'ai de tristes pressentiments : tout à l'heure j'ai cru voir un renard grimacer derrière le tronc d'un cèdre. ”
