Résumé

Portrait de Judith Gautier Judith Gautier,  Les Princesses d’Amour

“ Oï-Kantaro releva vite la tête, comme honteux de cette faiblesse ; le bandeau d’étoffe bleu s’était déplacé, le sang coulait, dans les larmes. Il s’essuya le visage, d’un mouvement brusque, et jeta le bandeau loin de lui.
— Voilà ce que c’est que de boire tant de saké, dit-il, en essayant de sourire ; nous sommes loin de notre aventure, revenons-y ; le succès me tient au cœur, à présent.
Il se remit à examiner les petits vêtements.
— Rien à en tirer, n’est-ce pas ? dit Yamato.
— Que vous semble des ramages de la robe ? quelle forme y découvrez-vous ?
— Un fouillis de palmes, peut-être.
”
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Portrait de Judith Gautier Judith Gautier,  Les Princesses d’Amour

“ Enfin, une vieille brodeuse, arrivée des dernières, sans savoir encore de quoi il s’agissait, poussa un cri, en apercevant la petite robe, aux plumes tissées, que l’intendant étendait, par les manches, au bout de ses deux mains.
— C’est moi qui l’ai cousue ! s’écria-t-elle ; je l’ai cousue de ces vieux doigts que voilà et qui étaient jeunes, alors. Oui, oui, je l’ai cousue, cette petite robe, pour la chère et divine Rosée de l’Aube, la dernière princesse d’Ako, brûlée dans l’incendie terrible !...
Et elle tendait les bras, suppliant qu’on la laissât toucher de son front le petit vêtement.
”
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Portrait de Judith Gautier Judith Gautier,  Les Princesses d’Amour

“ Mais, au fond de mon cœur, je jurai de mourir, plutôt que de me donner sans amour... Et tu me sauves, ô mon doux prince, ô toi que j’attendais et que j’aime, car tu es tel que mon rêve !
— Je crois bien facilement, dit San-Daï, que le sang, qui fait fleurir ta beauté, est le plus noble qui puisse être, mais fleurit-elle pour moi seul ? Suis-je le premier, auquel tu contes ta touchante histoire ?
— Tu es le seul, tu es le premier, s’écria-t-elle. J’ai le bonheur d’être aussi intacte que la neige du mont Fousi.
”
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