“ Nello ! Nello !!! mais d’un ton qui me sembla renfermer tant de sens, que je levai la tête et le regardai avec une sorte d’épouvante, comme si mon sort eût été dans ses mains. — Il étouffa une sorte de soupir en ajoutant le dicton populaire : Sara quel che sara ! — — Que veux-tu dire ? m’écriai-je en me levant et en lui saisissant le bras. — Nello ! Nello !... répéta-t-il en secouant la tête. — On vint m’avertir en ce moment de monter pour transporter la signora dans la gondole ; mais le regard expressif de Mandola me suivit sur le perron et me jeta dans une émotion singulière. ”
Nello
Définition et enjeux
Citations sur “Nello”
“ Maintenant je l’ai trouvée, et je veux la goûter pure et sans nuage ; je veux dormir sans remords sur le sein d’un homme que j’aime ; je veux pouvoir dire au monde : C’est toi qui perds et corromps les cœurs. L’amour de Nello m’a sauvée et purifiée, et j’ai un refuge contre toi ; c’est Dieu qui m’a permis d’aimer Nello, et qui désormais me commande de l’aimer jusqu’à la mort. ”
George Sand,
Revue des Deux Mondes
“ Il faut me le pardonner, Nello, je suis malade, et je sens que je ne peux plus gouverner mon humeur comme à l’ordinaire. J’oublie que vous n’êtes pas destiné à rester gondolier, et qu’un brillant avenir vous est réservé. Pardonnez-moi cela encore ; mon amitié pour vous est si grande, que j’ai eu le désir égoïste de vous garder près de moi, et d’enfouir votre talent dans cette condition basse et obscure qui vous écrase. Vous avez défendu votre indépendance et votre dignité, vous avez bien fait. Désormais vous serez libre, vous apprendrez la musique ”
George Sand,
La dernière Aldini
“ Elle a pris un confesseur piémontais, et elle est dans la plus haute dévotion depuis son second mariage. Pauvre bonne signora! je crains bien que ce mari-là ne la dédommage pas de l'autre. Ah! Nello, Nello, pourquoi n'as-tu pas...?—Tais-toi, Mandola; pas un mot là-dessus. Il est des souvenirs qui ne doivent pas plus revenir sur nos lèvres que les morts ne doivent revenir à la vie. Dis-moi seulement où est ta maîtresse en ce moment, et le moyen de lui faire parvenir une lettre en secret et sur-le-champ. ”
Edmond de Goncourt,
Les Frères Zemganno
“ Et Nello, le poète ordinaire des exercices fraternels, avait trouvé d’aimables imaginations, un cadre d’un fantastique souriant et des musiques qui étaient à la fois des échos d’ouragans et de soupirs de la Nature. ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Ne pas avoir fait mourir Nello est d’un goût exquis, précisément parce que le lecteur s’attend à sa mort. J’ai retrouvé toutes mes sensations de fracture, la douleur au talon et la peur des béquilles. Enfin, mon cher ami, on n’aime pas vos deux frères, on les adore. Personne, je crois, ne comprend mieux que moi les dessous de votre bouquin. C’est ferme, rapide, coloré, très artiste et pas artistique, Dieu merci ! ”
Jeanne Cazin, Les saltimbanques : scènes de la montagne… (1905)
“ Nello, écrit en toutes lettres, s'étalait maintenant devant la société ravie, dont les bravos couvrirent presque la voix du petit âne qui s'était mis à braire de joie, tandis que ses oreilles se redressaient fièrement. Hermine n'y tint plus; elle ne put s'empêcher de se glisser derrière Mosco, jusqu'au gentil animal. ”
Jeanne Cazin, Les saltimbanques : scènes de la montagne… (1905)
“ Sachez donc que cela signifie que Mine aura des peines et des joies, comme tout le monde, hélas ! puisque dans la vie les jours malheureux succèdent aux jours heureux, et réciproquement, ce qui est très fâcheux pour ceux qui n'ont pas à se plaindre de leur sort, et très heureux au contraire pour les autres. N'est-ce pas la vérité? » Des bravos lui répondirent. « Merci, messieurs et dames, merci d'avoir approuvé la réponse de Nello. Je lis dans ses yeux qu'il est fier de vos applaudissements, et que tout son désir est de les mériter encore. » ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Le vieillard saisit un des bras inertes de Nell et appuya fortement, pour la réchauffer, la petite main contre sa poitrine. C’était la main qu’elle lui avait tendue en lui adressant son dernier sourire, la main avec laquelle elle le conduisait dans toutes leurs excursions. De temps en temps il la portait à ses lèvres, puis il la pressait de nouveau sur sa poitrine en disant à demi-voix qu’elle devenait plus chaude ; et tout en parlant ainsi il regardait avec désespoir ceux qui l’entouraient, comme pour implorer leur assistance en faveur de Nelly. ”
Maurice Leblanc,
De minuit à sept heures
(1932)
“ Nelly-Rose fut indignée, et protesta, toute rougissante : — Qu’est-ce que vous avez dit, Valnais ? De quel droit vous permettez-vous ?... Comment ! un homme que je n’ai vu que quelques heures ?... — Oui, mais dans de telles conditions que jamais plus vous ne pourrez vous délivrer de ce souvenir. Il est, il sera l’homme de votre vie. De cette vie, moi, Nelly-Rose, je ne fais plus partie... Et je ne peux plus rester... je ne le peux plus. Adieu, Nelly-Rose. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Cette inspiration la calma ; et Nelly alla se mettre au lit avec le cœur soulagé. Ses rêves, pendant son sommeil, promenèrent son esprit au sein d’espaces lumineux, à la poursuite d’un but vague et insaisissable qui reparaissait toujours. Quand Nelly s’éveilla, elle trouva la nuit déjà avancée ; les étoiles brillaient sur la voûte du ciel. Enfin, le jour commença à luire, et les étoiles pâlirent peu à peu. Aussitôt l’enfant se leva et s’apprêta pour le départ. Le vieillard dormait encore : ne voulant pas le troubler, Nelly le laissa sommeiller jusqu’au moment où le soleil parut. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Le cliquetis de la serrure éveilla un bruit sourd ; et quand Nelly entra dans l’église d’un pas chancelant, l’écho qui y retentit la fit tressaillir. Tout ce qui se produit dans notre vie, soit en bien, soit en mal, nous frappe par le contraste. Si le calme d’un simple village avait ému l’enfant d’autant plus vivement qu’elle avait été obligée, pour y arriver, de traverser, sous le poids de la fatigue et du chagrin, des chemins noirs et rudes, quelle ne fut pas son impression lorsqu’elle se trouva seule au milieu de ce monument solennel ! ”
Maurice Leblanc,
De minuit à sept heures
(1932)
“ Alors, il parut au seuil du boudoir et s’arrêta là, en pleine lumière. Nelly-Rose eut une exclamation de stupeur. Ce n’était pas un vieillard, jamais vu encore, qui était devant elle. C’était lui ! Lui, l’inconnu de la rue, l’inconnu de la branche de lilas... jeune, plein de force, d’aisance, et de grâce souriante. Et cette jeunesse, cette force, cette grâce même, épouvantèrent Nelly-Rose plus que ne l’eût épouvanté le plus affreux aspect, plus que ne l’avait épouvantée la brute du chemin d’Enghien. ”
Henri-Émile Chevalier, Les Pieds-Noirs (1861)
“ Je ne pensai plus qu’à un mot, c’était Nelly — le nom de la créature. Le charme dura trois mois et aboutit à néant, las ! Il n’y eut rien de bien particulier entre nous. Elle se contenta de me dire qu’elle me détestait et qu’elle espérait que je me tiendrais à une bonne distance. Ce fut tout. Elle n’avait pas mauvais cœur, pardieu non ! Eh ! ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ À la brillante clarté du matin, mais plus souvent à la douce lueur du soir, Nelly, respectant les courtes et heureuses entrevues des deux sœurs, trop courtes pour lui permettre de s’approcher et de risquer un mot de remerciaient, bien qu’elle en brûlât d’envie, Nelly les suivait à quelque distance dans leurs promenades au hasard, s’arrêtant lorsqu’elles s’arrêtaient, s’asseyant sur le gazon quand elles s’asseyaient, se levant quand elles se levaient, et trouvant une compagnie et un véritable charme à se sentir si près d’elles. ”
Jacques d’Adelswärd-Fersen,
Et le feu s’éteignit sur la mer…
“ Elle ressusciterait l’âme antique... elle serait la statue aimée... — Allons ! mon vieux Gérard ! dis-moi adieu ! trancha Nelly. Pense à moi quelquefois, et rappelle-toi, qu’au fond, ta sœur n’était pas méchante. Protège Marthe ; si plus tard, sur mon compte, tu en entends de pires encore, réfléchis ; souviens-toi ; ce seront les hommes et les événements qui m’auront faite pire. — Si on pouvait te sauver encore, Nelly !... — À quoi bon ? un poète l’a déjà dit : Il n’y a ici d’autre plaisir que la débauche, d’autre peine que la mort. ”
A. Brizeux, Revue des Deux Mondes
“ Je vous, aime Nola comme on aime une sœur. Je sais votre beauté, je sais votre douceur. La dame veut écrire à la riche fermière Qu’un jaloux va, de loin, troubler dans sa chaumière, Sans dire, le rusé, car ils sont tous ainsi, Que des regards bien vifs le provoquent ici. Mais, femme, je serai l’appui d’une autre femme. Oui, fermière, mettez votre espoir dans la dame... Plutôt, belle Nola, sans autre malin tour. Fiez-vous à Primel, croyez à son amour. Du noble journalier amie et confidente, Je sais comme en son cœur luit votre image ardente, Hélas ! ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Le grand-père mangea de bon appétit le pain tout entier, et Nelly s'en réjouit.Leur marche les conduisit à travers les mêmes tableaux que la veille: il n'y eut ni changement ni progrès. Toujours le même air épais, lourd à respirer; toujours le même terrain noir, la même perspective à perte de vue et d'espérance, la même misère, la même détresse. Les objets paraissaient plus sombres, le bruit plus sourd, le pavé plus raboteux, plus inégal; parfois Nelly chancelait et avait besoin de toute sa force morale pour ne point tomber. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Ce fut ainsi que désormais chaque jour, et durant la journée entière, il attendit Nelly sur son tombeau. Que de fois dans la vieille, sombre et silencieuse église, il vit se dresser devant lui les brillantes visions de ce qu’avait été Nelly, de ce qu’il espérait qu’elle pouvait redevenir encore : ces tableaux d’excursions nouvelles dans de belles campagnes, de haltes pittoresques sous le ciel tout ouvert, d’allées et venues à travers les champs et les bois ; ces accents de la voix toujours vivante dans son souvenir ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Nelly avait le coeur trop pénétré, trop plein, pour pouvoir dire autre chose que son fervent «Dieu vous bénisse!» Et ce ne fut qu'au bout de quelque temps, après sa sortie de la chaumière, qu'elle eut la force de se retourner et d'ouvrir les lèvres. En ce moment elle vit la famille tout entière, y compris même le vieux grand-père, debout sur le chemin, suivant du regard ses hôtes qui s'éloignaient; de part et d'autre, on s'envoya un adieu en échangeant de la main et de la tête des signes mutuels d'amitié, et, du côté de Nelly assurément, cet adieu ne fut pas sans quelques larmes. ”
Arthur Conan Doyle,
Nouveaux mystères et aventures
“ Ne pourriez-vous pas causer comme vous le faisiez il y a deux ans, et ne pas être si épouvantablement sentimental?—Vous saurez un jour pourquoi, Nell, dit l’étudiant d’un ton de reproche. Attendez jusqu’au jour où vous connaîtrez vous-même l’amour; alors vous comprendrez.Je fis une légère moue d’incrédulité.—Asseyons-nous ici, Nell, dit le cousin Sol, en me dirigeant habilement vers un petit tertre couvert de fraisiers et de mousse, et se perchant sur une souche d’arbre à coté de moi. Maintenant, tout ce que je vous demande, c’est de répondre à une ou deux questions. ”
Henri Meilhac,
Théâtre de campagne. Troisième série…
(1878)
“ Et quand ? — Vous ignorez combien la chute est rude, Nelly ! Vous ignorez qu'on ne remonte pas Au rang qu'on a perdu sans de graves combats ; Vous ignorez surtout la tristesse profonde D'un cœur, vaste d'abord à contenir le monde, Qui, tel qu'un vase vide au fond d'un morne oubli, Garde le reste amer de ce qui l'a rempli ! NELLY - Mon tuteur! — 0 mon Dieu, tout cela m'épouvante; Moi qui priais pour vous d'une âme si fervente ! La gloire, ce n'est donc qu'un souffle empoisonneur ? Et le génie est donc l'ennemi du bonheur ! ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Une fois Nelly vit des larmes mouiller ses paupières. Après quelques moments de marche silencieuse, le vieillard prit la main de Nelly, comme il était habitué à le faire, sans que rien dans son air trahît la violence et l’exaltation dont il était récemment animé ; et puis petit à petit, par degrés insensibles, il retomba dans son état de docilité, se laissant conduire par Nelly où elle voulait. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Dès le matin, il ne manquait pas de rôder autour de la maison pour demander des nouvelles de Nelly ; et soit le matin, soit dans la journée, soit enfin dans la soirée, il laissait là le jeu et ses compagnons de plaisir pour la suivre partout où elle allait. Une fois le vieux fossoyeur dit à Nelly : « C’est un bon petit garçon, tout de même. Quand son frère aîné mourut, ... frère aîné, c’est cela qui est drôle, un frère aîné de sept ans, je me rappelle qu’il en fut frappé jusqu’au fond du cœur. » ”
Stéphanie Bigot, Le Château de Bois-le-Brun, ou Une Famille mixte… (1885)
“ La vue de Nelly, dont l'âge se rapprochait de celui de ses nièces, l'émut délicieusement, bien qu'elle sentît une larme prête à couler à leur souvenir. Tout le monde fut pour elle si affectueux, on la mit si parfaitement à l'aise, elle se sentait si véritablement dans sa famille, que peu à peu son coeur se dilata, sa tristesse disparut, et elle comprit qu'elle allait être heureuse dans cette maison où elle aurait bientôt oublié tous les ennuis qui, depuis quelques mois, avaient empoisonné sa vie. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Il alla au-devant d’eux, et pressant avec tendresse son frère de vouloir bien s’appuyer sur son bras, il le mena jusqu’en sa demeure où le vieillard rentra d’un pas lent et tremblant. Il alla tout droit à la chambre de Nelly. N’y trouvant pas ce qu’il y avait laissé, il revint avec des yeux humides dans la pièce où ses amis étaient réunis. De là il courut à la maison du maître d’école, en appelant : « Nelly ! Nelly ! » On le suivait de près, et quand il eut vainement cherché sa petite fille, on le reconduisit chez lui. ”
Elizabeth Gaskell,
L’Œuvre d’une nuit de mai
“ Que voulez-vous, miss Nelly ? répondit le vieux serviteur... On n’est pas de fer... et nous n’avons pas assez pensé, dans le temps, à la charge que nous prenions sur nos épaules. Je sais maintenant que pour vieillir un homme, cinquante ans ne font pas toujours la besogne d’une seule nuit... Encore si monsieur me traitait autrement... mais il me rencontre, maintenant, sans lever les yeux, sans m’adresser le moindre mot, comme si j’étais une vermine, un poison malfaisant... Voilà, miss Nelly, qui passe en vérité tout le reste. ”
Charles Dickens,
Le marchand d'antiquités
(1879)
“ Mais il oublia à l'instant même le motif qui l'avait fait agir ainsi, et se détournant il la replaça sur la table ; et ouvrant un vieux coffre d'où il tira quelques vêtements de Nelly, il y passa la main comme pour les brosser. — Pourquoi dors-tu si longtemps, Nelly? murmura-t-il, quand tes petits amis viennent demander à la porte : — Où est donc Nelly, la bonne Nelly ? car il n'y a pas un seul enfant qui ne t'aime de tout son cœur. Kit ne pouvait parler, ses yeux étaient remplis de larmes. — Voici sa jolie petite robe, continua le vieillard, sa robe favorite. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Il se passa quelque temps avant que Nelly pût rassurer son compagnon craintif et lui rendre le calme nécessaire. L’imagination désordonnée du vieillard lui représentait une foule de gens se glissant jusqu’à lui et sa petite-fille dans l’ombre des buissons, s’embusquant dans chaque fossé et les épiant derrière chaque branche des arbres agités. ”
Jules Lacroix,
Le neveu d'un lord. Tome 2
(1839)
“ Miss Nelly, qui se faisait d'amers et sanglants reproches depuis qu'elle avait pénétré la cause du morne chagrin qui dévorait lord Felton, miss Nelly, accablée de remords, ne quittait plus l'appartement de sa maîtresse, et l'environnait des soins les plus tendres, les plus dévoués; comme pour expier son crime et sa lâche trahison. Maintes fois, accablée de honte et de regret, elle avait senti venir à ses lèvres la vérité fatale qui s'échappait de son coeur ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ GRÂCE. Oh ! je t’en prie, ne dérange pas ton mari pour nous... CLAUDE. Je suis confus... madame... vos bontés... SUZANNE. Rien n’est plus naturel. (Nelly entre par la porte de la salle à manger.) NELLY, (remettant les cartes à sa mère.) Maman, voilà. SUZANNE. Bien, ma chérie. NELLY. Tu vois, c’est bien écrit. GRÂCE. C’est ta fille ? Oh ! comme elle est grande et jolie !... Tu permets que je l’embrasse ? Vous voulez bien, mademoiselle, que je vous embrasse ?... Comment s’appelle-t-elle. NELLY. Nelly, madame. CLAUDE. Mademoiselle est charmante... ”
