George Sand,
Nouvelles
(1861)
“ Lélio n’était pour moi que l’ombre du Cid, que le représentant de l’amour antique et chevaleresque dont on se moquait maintenant en France. Lui, l’homme, l’histrion, je ne le craignais guère, je l’avais vu ; je ne pouvais l’aimer qu’en public. Mon Lélio à moi, c’était un être factice que je ne pouvais plus saisir dès qu’on éloignait le lustre de la Comédie. Il lui fallait l’illusion de la scène, le reflet des quinquets, le fard du costume, pour être celui que j’aimais. En dépouillant tout cela, il rentrait pour moi dans le néant ; comme une étoile, il s’effaçait à l’éclat du jour. ”
