“ Comme la Mariuccia s’éloignait sur le chemin que je venais de faire, je fus salué par un éclat de rire moqueur de Medora, et je l’entendis dire, exprès, tout haut à Brumières : — C’est une jolie tante à embrasser que la Mariuccia ! Il fera bien de se peigner en rentrant chez lui ! — Je vois, à votre gaieté, lui dis-je en la saluant, que lady Harriet est moins malade que je ne le craignais ? ”
Mariuccia
Définition et enjeux
Citations sur “Mariuccia”
“ De là le nom, de là la ville de Frascati; de là le dédain et l'aversion de tout véritable Frascatino pour Rome et ses habitants.—Tutti ladri! tutti birbanti! s'écrie à chaque instant la Tusculane Mariuccia, quand, on réveille le levain de, ses passions latines.Et pourtant, la Mariuccia sait si peu l'histoire de son pays, qu'elle prend Lucullus pour un pape, et la villa Piccolomini pour le berceau de la race pélagique. Elle n'est jamais allée jusqu'à Tusculum, bien qu'il n'y ait guère plus d'une lieue de distance ”
“ La Mariuccia, c’est-à-dire la Marion ou la Mariette (j’avoue que j’ai été influencé par cette similitude de nom avec la vieille gouvernante de mon oncle le curé) , la Mariuccia est la gardienne, la servante, la gouvernante, la cuisinière, le régisseur, le factotum de cette grande habitation et des terres qui en dépendent. C’est un être assez singulier et assez remarquable : petite, maigre, plate, édentée, malpropre, hérissée, elle s’attribue una trentasettesina d’années. ”
Daniel Bernard, Un drame à Naples (1881)
“ Pendant qu'il se tâtait ainsi, Mariuccia, elle, avait fait quelques pas en avant : – Tiens ! dit-elle en lui montrant un objet que les ténèbres ne permettaient pas de distinguer ; tu vois cela ?... – Oui ; c'est un tronc d'arbre. – Non ; c'est une sentinelle. Les chapeaux à plumes ne sont pas loin. Cette sentinelle garde le passage qu'il nous faudrait traverser pour nous rendre à la casa. Heureusement que tu es un homme, n'est-ce pas ? – Bon ! pensa Della Porta, elle va me demander un troisième meurtre. ”
“ Je suis d’un naturel très-doux ; mais je sens qu’avec des exploiteurs comme avec des bandits, je peux devenir très-méchant et vendre ma peau extrêmement cher à quelques-uns. En parlant ainsi à Daniella, en italien, afin que la Mariuccia l’entendît, je les observais attentivement l’une et l’autre, la première surtout, que je crois assez rusée et qui pourrait bien avoir pour moi, non pas une passion de keepsake, comme miss Medora, mais un sentiment fondé sur des vues intéressées. La Mariuccia, quoique fine, me parut n’avoir que de bonnes intentions. ”
Daniel Bernard, Un drame à Naples (1881)
“ Mariuccia, je parie, se dit Domenico. Il ajouta en élevant la voix : – Faites-moi le plaisir de ne pas croire un mot de ce que vous racontera cette femme. – Vous la connaissez donc ? demanda le bersaglier étonné de voir qu'un étranger, assez mal vêtu, se permît de lui donner des conseils. – Je sais, dit Della Porta, que les paysans du Monte-Terminio sont d'accord avec vos ennemis. C'est une simple indication ; profitez-en ou n'en profitez pas, cela vous regarde. ”
Daniel Bernard, Un drame à Naples (1881)
“ Mariuccia ne répondit pas. – Suis-je bête ! se dit Della Porta. Il y a deux heures à peine que je connais cette pauvre fille et je veux déjà devenir son confident. Ce que c'est que l'oisiveté !. Enfin, reprit-il, je suis heureux d'apprendre que tu es encore novice dans le métier voleuse de grand chemin. Et ton frère. entre nous. il n'a pas toujours été... ce qu'il est ? Mariuccia tordit en silence un coin de son tablier. – Allons ! s'écria joyeusement le banquier, tu représentes le mystère en personne ”
“ Elle remporta la corbeille, et, à l'heure où je rentrais pour souper, car je me suis arrangé pour rester dehors le plus tard possible, je trouvai installées autour d'un brasero, dans une grande pièce du rez-de-chaussée, où la Mariuccia juge plus commode de me servir mes repas, trois personnes qui causaient, les pieds sur la cendre chaude et les coudes sur les genoux: c'était la vieille femme en haillons qui fait la perpétuelle biancheria de Mariuccia, un gros capucin de bonne mine, et une fille mince dont un grand mouchoir de laine rouge enveloppait la tête et les épaules. ”
Jules Girardin, Pascarel. Ouida : roman imité de l'anglais… (1878)
“ Comme nous n'avions pas d'huile pour la lampe, nous demeurâmes silencieuses dans l'obscurité. Par instants, la chambre était subitement éclairée par la lueur d'une pièce d'artifice et retombait aussitôt dans son obscurité. Il nous faudrait gagner nos lits à tâtons. Ni Mariuccia ni moi ne songions à faire usage de l'argent que j'avais gagné le matin. Je regardai du côté de Mariuccia. Elle était profondément endormie. A la fin, l'esprit de révolte et le dégoût de ma situation présente l'emportèrent sur tout autre sentiment. Pourquoi n'irais-je pas m'amuser comme les autres ? ”
“ Je me levai pour regarder à travers ma persienne : je la vis dans la rue apportant un très-joli brasero de forme ancienne et d’un poli étincelant. Au bout de quelques instants, la Mariuccia mit la tête à sa fenêtre et tira successivement deux cordes. La grille du jardin s’ouvrit, puis la porte d’entrée de la maison, pour donner passage à la Daniella. Une demi-heure après, la Mariuccia entrait chez moi avec ce brasero tout allumé. — J’espère que vous n’aurez plus froid, me dit-elle. Le brasier d’en bas est trop grand pour votre chambre ”
Daniel Bernard, Un drame à Naples (1881)
“ La vieille aveugle continuait à y pousser des gémissements ; Mariuccia assistait aux opérations militaires dirigées contre sa famille avec une froideur nuancée de dédain. – Ah çà ! dit M. de Maugis à l'officier piémontais, qu'est-ce que nous faisons de cette brigande ? – Peuh ! répondit le capitaine ; elle ne nous sert pas à grand'chose ; renvoyons-la, si vous voulez. – Non, dit René, j'ai une idée. Cette femme est intéressée à nous voir échouer dans nos recherches. Observons-la de près, et continuons nos fouilles pendant ce temps-là. Assurément, elle ne nous criera jamais : Casse-cou ! ”
“ Non, non ! je mentais ! Ne te reproche rien, et aime-moi comme je suis, comme tu peux, n’importe comment ! Mais silence ! Éteins cette bougie, j’entends la Mariuccia qui rentre. Elle va venir voir si tu es rentré aussi ; fais semblant d’être endormi ; ne bouge pas ; si elle parle, ne réponds pas. Quand le jour parut, je n’étais plus dans les bras de Daniella, j’étais à ses pieds. Ah ! mon ami, je pleurais comme un enfant, et ce n’était plus de dépit, ce n’était plus de crispation nerveuse, c’étaient des larmes du fond de mon cœur, des larmes de reconnaissance et de repentir surtout. ”
“ Vous allez avoir, dans le curé, un ennemi bien à craindre, dit-elle. Ce n’est pas un méchant homme ; mais il sera fâché de perdre comme ça son autorité par surprise. Et puis, Dieu sait ce que c’est qu’un prêtre étranger qui est venu rendre visite à lord B***, et qui est, je crois, encore avec lui à l’heure où je vous parle. Il a une figure noire qui m’a fait peur, et, si vous m’en croyez, vous n’irez pas à Piccolomini pendant qu’il y est. Les inquiétudes de Mariuccia ne pouvaient m’atteindre. Marié avec Daniella, je me sentais libre et fier comme si j’eusse été le maître du monde. ”
Jules Girardin, Pascarel. Ouida : roman imité de l'anglais… (1878)
“ Une fois, je l'entendis qui disait à Mariuccia : « Nous ne sommes plus aussi heureux qu'autrefois. Quand il a la veine et qu'il gagne un peu d'or, nous vivons comme des coqs en pâte. Mais on se défie de lui. Ainsi, à Nice, on lui a insinué de ne plus reparaître au Cercle Masséna. Franchement, se faire exclure même du Cercle Masséna ! » A cette époque, Florio pouvait avoir quarante ans ; c'était un petit homme grassouillet, rond comme une boule ; ses yeux riaient ; son sourire était plein de franchise et de tendresse, un vrai sourire italien. C'était une charmante créature. ”
Daniel Bernard, Un drame à Naples (1881)
“ C'est que... – C'est que... quoi ? – Je ne suis pas très libre. Si j'étais libre, absolument libre, mademoiselle Mariuccia me conviendrait à moi aussi sous tous les rapports... Elle est ravissante, elle a des yeux superbes, elle prépare admirablement le risotto... mais, voilà : j'ai donné ma parole. – N'est-ce que cela ? dit Frère Jacques. Les paroles qu'on donne sont faites pour être reprises. Ainsi, moi qui vous parle... – Oh ! mais vous, ce n'est pas tout à fait la même chose ! s'écria Della Porta qui se mordit la langue d'avoir été aussi vif. Fra Giacomo aurait pu se fâcher ”
Daniel Bernard, Un drame à Naples (1881)
“ Mariuccia, qui, elle aussi, avait devancé l'astre du jour. – Hé bien ! dit la soeur de Fra Giacomo, tu es agréablement surpris ? – Surpris, oui, répondit le banquier ; mais surpris agréablement, c'est autre chose. Qu'êtes-vous venue faire ici ? – T'attendre. – Et de quel droit, s'il vous plaît ? – Du droit que possède toute femme de suivre son mari et de l'empêcher de faire des sottises. Ta, ra, ta, tata, continua la brigande, en voyant que Della Porta essayait un geste de ré¬ volte ”
Jules Girardin, Pascarel. Ouida : roman imité de l'anglais… (1878)
“ J'étais très-fière à ma façon ; Mariuccia me le reprochait bien souvent mais jamais ma fierté ne m'aurait fait rougir de l'amitié de Raffaele Battista, sous prétexte que son père était chaudronnier et que lui-même courait les rues sans souliers. J'avais vécu trop longtemps parmi le peuple, et j'avais moi-même des instincts trop bohémiens pour cela. J'aimais à marcher à côté de lui, ma main dans sa main, après la leçon d'Ambrogio, à l'heure où les élèves de Fortunato sortaient de son cours, que j'avais cessé de suivre. ”
George Sand,
Les Beaux Messieurs de Bois-Doré
(1879)
“ La Morisque , à qui Mario traduisit ces paroles , répondit qu' elle ne demandait qu' à travailler pour vivre , mais en un lieu où elle pût voir son cher Mario tous les jours . – Accordé ! dit le marquis en lui tendant les deux mains qu' elle couvrit de baisers ; vous resterez en mon logis , et , s' il vous plaît de voir mon fils à toutes les heures , vous me ferez plaisir ; car , puisque vous le chélissez si bien , nulle autre femme que vous ne le soignera . ”
Victor Hugo,
Les Chansons d'avril, poésies
(1891)
“ Elle éclipsait les jalouses donas, Mariquita! — Mariquita, la fille Aux grands beaux yeux, aux fines basquinas, La perle enfin de la Vieille-Castille. Un seul parvint à lui fléchir le cœur, Un seul!. — C'était don Gonzalos d'Alan je. Elle l'aima d'amour, et le vainqueur Mit la couronne à son jeune front d'ange. ”
Marivaux,
La Vie de Marianne (1731-1740)
“ Il faut que madame la marquise la jeune, toute fille de duc qu’elle est, soit bien mal informée si elle rougit des alliances dont vous parlez ; je lui apprendrais, moi qui suis du pays de cette belle-mère qu’elle méprise, je lui apprendrais que la marquise, qui s’appelle de Tresle de son nom, est une des plus nobles et des plus anciennes maison de notre province ; que celle de M. de Tervire, son premier mari, ne le cède à pas une que je connaisse ; qu’il n’y en avait point anciennement de plus considérable par l’étendue de ses terres ”
Prosper Mérimée,
Théâtre de Clara Gazul
“ C’est un bon pays. On dit que les prêtres y sont mariés. Il n’y a pas d’inquisition. Le capitaine O’Trigger... Antonio. Cesse, mon épouse, ne parle pas de ces capitaines anglais... je n’aime pas à t’entendre parler d’eux. Mariquita. Déjà jaloux ? — Partons vite. Antonio. Tout à l’heure. Mais montre-moi que tu m’aimes auparavant. Mariquita. Eh bien ! vite. — Vous êtes bien innocent !... Antonio. Innocent ! Innocent ! moi le plus grand pécheur ! un réprouvé ! un damné ! un damné ! mais je t’aime, et je renonce au paradis pour contempler tes yeux. ”
Marivaux,
La Vie de Marianne (1731-1740)
“ Et la marquise sa mère, lui dis-je encore, loge-t-elle avec lui ? Je ne crois pas, me répondit-il ; il me semble avoir entendu dire que non ; mais vous n’avez qu’à aller chez lui pour apprendre où elle est ; apparemment on vous en informera. Eh bien ! me dit alors madame Darcire, il n’y a qu’à retourner au logis, et nous irons à la Place-Royale après dîner, d’autant plus que j’ai moi-même affaire de ces côtés-là. Comme vous voudrez, lui répondis-je d’un air inquiet et agité ; et nous revînmes à la maison. ”
Georges Murat, Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)
“ Entre autres choses, répondant à Raphaël, qui lui disait : — Mon affection pour Mariquita est une tendresse immense et non pas une passion. Avec ce genre de sentiment si l'on commet une faute, ce n'est pas une tache de boue qui s'imprime sur nos ailes, c'est une plume que le vent des circonstances nous arrache malgré nous ! — Je sais bien que vous aimez Mariquita, répliqua Mme de Courtevue, j'ai plus de vingt lettres, que vous vous lui avez écrites à Ostende, qui le prouvent. ”
George Sand,
Les Beaux Messieurs de Bois-Doré
(1858)
“ Tu te moques ! s’écria Mario en se dégageant ; me cacher lorsqu’on donne l’assaut au château de mon père ?... Et ma Lauriane ! courons la défendre ! Il s’élança sur le pont-levis, qui était baissé, circonstance étrange après la tombée de la nuit. À la lueur d’une meule de paille allumée et flambante devant les bâtiments de la ferme, Mario vit confusément une scène incompréhensible. Les vassaux du marquis luttaient corps à corps contre une nombreuse troupe d’êtres cornus, hérissés, reluisants, « en tout plus semblables à des diables qu’à des hommes. » ”
L' Arétin, Le maréchal : comédie du divin Pietro Aretino (1892)
“ LE MARÉCHAL Si l'on a de l'obligation à quelqu'un qui vous attache une pierre au cou lorsqu'on est en train de se noyer, je suis plus obligé envers Monseigneur que ne le sont la libéralité et la vertu envers le Cardinal Hippolyte de Médicis, comme dit Pasquin, à Rome; mais qu'est-ce que j'ai donc fait au Marquis? Dieu le sait, je n'ai jamais mis à contribution sa bonté comme l'y mettait Fra Benedetto, et j'aimerais mieux être condamné à être jeté dans les latrines qu'à prendre femme. GIANNICCO Quel blasphème ! cela vous paraîtrait du musc. ”
George Sand,
Les Beaux Messieurs de Bois-Doré
(1858)
“ En parlant ainsi, le marquis emmenait Mario un peu à l’écart. — Mon fils, lui dit-il, donnez-moi votre parole de gentilhomme de ne point avancer que je ne vous appelle. — Eh quoi ! mon père, s’écria Mario consterné, vous me parlez comme faisait tantôt Aristandre, et vous me traitez comme un tout petit enfant ! Sont-ce là les leçons d’honneur et de vaillance que vous me donnez aujourd’hui, vous qui... ? — Silence, monsieur ! obéissez ! dit le marquis parlant pour la première fois avec autorité à son bien-aimé. Vous n’êtes point encore en âge de vous battre, et je vous le défends ! ”
Prosper Mérimée,
Théâtre de Clara Gazul
(1927)
“ DONA MARIA sautant en arrière, et à part. — Arrière de moi, Satan ! FRAY EUGENIO à part. — Qui est cette jolie fille ? comme elle saute ! — Eh ! c'est la petite Mariquita, l'amie de Francisca. — Elle est très-bien pour son âge. Que vient-elle de faire dans la pharmacie du couvent ? ”
“ Maintenant je ne serai plus le jouet du hasard et du vent qui souffle ; maintenant l’inspiration me viendra à mes heures, je serai poète à mes heures. Je dirai comme Horace : L’indépendance est le plus précieux des biens ; et je me plongerai dans ma douce paresse. Adieu donc, ma vie passée, et même adieu la gloire ! Ma gloire désormais, désormais mon bonheur, désormais ma fortune, c’est Marcella ! Je quittai Rome comme en triomphe. J’y étais arrivé pauvre, seul et nu, victime consacrée à la poésie : j’en sortais riche, et marié avec une charmante femme de cœur. ”
Georges Murat, Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)
“ Pauvres bouleaux ! la nature, chaque année, répare les outrages que vous font les hommes! notre amour sera-t-il comme vous? vos feuilles renaissent toujours vertes au printemps. Irons-nous encore courir sous vos frais ombrages? « Mariquita, souvent, oui souvent, des larmes mouilleront mes yeux en songeant à cette heure délicieuse où, pour la première fois, vos lèvres rafraîchirent le front brûlant du pauvre malade! 0 doux baiser qui n'eut pour témoins que les étoiles, ton souvenir ne s'effacera jamais de mon âme! mais ne s'effacera-t-il pas bientôt de votre coeur, Mariquita? » ”
